À Plaine (Bas-Rhin),
Des dessins, peluches et lettres accrochés à un arbre… Pas à n’importe quel endroit : c’est sur cette route départementale 350, entre le hameau de Champenay et Saint-Blaise-la-Roche (Bas-Rhin) que Lina a été vue pour la dernière fois. C’était le 23 septembre, précisément vers 11h15.
L’adolescente de 15 ans marchait alors en direction de la gare voisine depuis son domicile. Un trajet d’environ 3 kilomètres dont elle avait l’habitude et qui a depuis été l’objet de nombreuses vérifications. De ses proches, des enquêteurs, de citoyens aussi, quand plusieurs battues avaient été organisées. L’émoi était alors à son comble face à cette mystérieuse disparition.
Quatre mois plus tard, l’endroit a retrouvé son calme. Celui plus habituel de ces coins de la vallée de la Bruche, entre Vosges et Alsace. Un territoire de moyenne montagne à l’habitat souvent dispersé, orné de nombreuses forêts. Verdoyant au printemps, plus triste une fois les feuilles tombées. Cette fin décembre n’échappe pas à la règle et le ciel gris n’arrange rien à l’affaire.
Que reste-t-il de « l’affaire Lina » quatre mois les faits ? Mauvaise idée de poser cette question au premier et seul promeneur croisé sur le fameux chemin. « Je n’habite ici que depuis deux mois, je ne peux pas vous dire », répond poliment le retraité, à peine au courant. Une exception car la jeune fille est encore dans bien des esprits. Il suffit de se rapprocher de son domicile pour le constater.
« On y pense tout le temps », confie Lucie, une voisine de seulement quelques centaines de mètres. « On bricole, on vit mais on sent quand même qu’il y a un truc qui ne va pas : c’est Lina. C’est comme si une chape de tristesse s’était mise au-dessus du village. » Qui soucie ses habitants mais modifient également leurs habitudes. « Je me dis que ça aurait pu être ma fille alors on fait attention », poursuit la mère de famille. « Avant, je laissais tout ouvert à la maison mais aujourd’hui, je ferme. »
Ce réflexe, Ludivine l’a aussi adopté un peu plus loin. « Si les enfants me demandent d’aller faire du vélo sur la route, je leur dis non maintenant », explique la cavalière. « Franchement, on est obligé d’être touché par toute cette histoire. On croit que ça n’arrive qu’à la télé mais pas du tout… C’est fou qu’avec tous les moyens qui existent, on puisse disparaître comme ça en 2023. »
Sans laisser de traces vraiment...
[Courte citation de 8% de l'article original]