"Rebel Moon" : et si Zack Snyder avait réalisé le plus hardcore de tous les films de Noël ?

LCI - 21/12
[VIDÉO] - Le réalisateur de "300" se frotte au space opera avec "Rebel Moon", dont la première partie débarque ce vendredi sur Netflix. Une fresque à gros budget qui multiplie les emprunts aux classiques de la SF, du fantastique et du western.À défaut de surprendre, ce blockbuster peuplé de visions fantasmagoriques en met plein la vue.

Le réalisateur de "300" se frotte au space opera avec "Rebel Moon", dont la première partie débarque ce vendredi sur Netflix.
Une fresque à gros budget qui multiplie les emprunts aux classiques de la SF, du fantastique et du western.
À défaut de surprendre, ce blockbuster peuplé de visions fantasmagoriques en met plein la vue.

Dans une galaxie pas si lointaine, Zack Snyder rêvait de faire son Stars Wars. C’était en 2012 et le réalisateur de Man Steel avait offert ses services à Kathleen Kennedy, la patronne de Lucasfilm. Six mois plus tard, la société de production était rachetée par Disney. Et son idée d’une relecture "adulte" de la célèbre saga jetée aux oubliettes. Depuis, ce franc-tireur a sans doute traversé la période la plus périlleuse de son existence, marquée par la mort de sa fille Autumn durant la post-production de Justice League et son remplacement par Joss Whedon, ce dernier dénaturant son travail avant que la mobilisation des fans lui permette d’en livrer sa version définitive de plus de 3 heures.

Remis en selle grâce à Army Of Thieves, son film de zombies sur Netflix, il était temps de ressusciter Rebel Moon, un vieux rêve de gosse dont la première partie intitulée "A Child of Fire" débarque sur la plateforme à la veille des fêtes. Si l’influence de l'oeuvre de George Lucas crève les yeux, elle n’est pas la seule qui s'impose puisque ce space opera emprunte à des classiques d’hier et d’aujourd’hui, comme Les Sept Mercenaires, Blade Runner, Matrix, Dune, Avatar et même Tarantino pour l'humour noir.

Le (gros) budget est sur l'écran

Échappant à la dictature militaire qui s’est installée à la mort de la princesse Issa, la mystérieuse Kora (Sofia Boutella) a trouvé refuge au sein d’une paisible colonie agricole. Jusqu’au jour où débarque l’Amiral Atticus Noble (Ed Skrein, génialement odieux), à la recherche d’une poignée de renégats. Avec l’aide de Gunnar (Michiel Huisman), un fermier qui en pince secrètement pour elle, cette guerrière qui cache bien son jeu se met en quête d’une bande de loups solitaires de la castagne pour entrer en résistance.

Verdict ? Quand bien même il pioche ses idées à droite et à gauche, y compris dans ses propres films, Zack Snyder a mis en place un univers qui absorbe le spectateur dans une autre dimension. Décors féériques et costumes somptueux, trucages numériques à gogo… Les 166 millions de dollars de budget sont bel et bien sur l’écran. Durant les vingt premières minutes, plutôt sages, on sent toutefois sa volonté de se focaliser sur les personnages au lieu d’en mettre plein la vue avec des mouvements de caméras virtuoses. 

La Française Sofia Boutella joue Kara, puissante guerrière planquée au sein d'une colonie de fermiers. - Netflix

Que les amateurs se rassurent : le réalisateur du néo-péplum 300 s’est pas changé en Terence Malick du futur. Et lorsque Kara dévoile sa vraie nature pour sauver une innocente fermière d’un viol collectif, son goût pour les ralentis héroïques et les gros décibels reprend le dessus. Une fois son héroïne badass lancée sur la piste de ses futurs acolytes, le cinéaste ne lâche plus la bride. Si bien qu’on a vite l’impression d’être plongé dans la démo d’un immense jeu vidéo qui se balade d’un niveau à l’autre et multiplie les nouveaux protagonistes.

En chassant plusieurs lièvres à la fois, Zack Snyder jette peut-être les bases d’une multitude de spin-offs, à défaut de construire une intrigue très profonde. Et alors ? On se marre lors d’une bagarre dans un saloon peuplé d’aliens lubriques, on frissonne durant une scène de domptage aérienne à dos de créature ailée, on tremble devant un combat entre une samouraï cyborg et une femme-araignée dévoreuse d’enfants... Le tout sur la bande-son cybernétique du DJ Tom Holkenborg alias Junkie XL.

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Cette frénésie d'idées pas toujours abouties est à la fois la force et la faiblesse du cinéma de Zack Snyder, grand gamin hyperactif qui s’éclate à construire des univers fantasmagoriques avant de les réduire en miettes avec une dextérité remarquable. On peut toujours compter sur le deuxième volet, prévu en avril prochain, pour remettre de l'ordre dans cette chevauchée interplanétaire improbable. D'ici là, Netflix tient sans doute le plus hardcore de tous ses films de Noël.

>> Rebel Moon : A Child of Fire de Zack Snyder. Avec Sofia Boutella, Michiel Huisman, Ed Skrein. Ce vendredi sur Netflix.

Jérôme VERMELIN

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