"J'assume le temps qui est pris." Le 17 décembre, dans une lettre poignante, publiée dans La Tribune Dimanche, Françoise Hardy a interpellé Emmanuel Macron sur la fin de vie. Épuisée par plusieurs années de traitement contre un cancer du pharynx, contre lequel elle se bat depuis 2018, elle qui s'était déjà remise d'un cancer du système lymphatique, la chanteuse de 79 ans a demandé au chef de l'État de faire preuve d'"empathie" afin de "légaliser l'euthanasie". "Une grande majorité de gens souhaitent la légalisation", soulignait-elle, alors que l'exécutif s'est engagé à présenter un projet de loi en 2024.
"On a tous été bouleversés par la lettre de Françoise Hardy", a réagi le président de la République, invité de l'émission "C à vous" sur France 5, délocalisé à l'Élysée, au lendemain de l'adoption poussive au Parlement de la très contestée loi sur l'immigration. "La mort nous fait peur à tous, notre mort comme celle de nos proches. (...) Elle ouvre devant moi des questions immenses. C'est pour ça que je vous dis que ce n'est pas quelque chose où on prendra un rapport et on dirait : 'il faut aller vite'. Parfois, je veux aller vite sur des sujets, et je l'ai déjà assumé. Là, j'assume le temps qui est pris" sur le sujet de la fin de vie "parce que je pense que si on fait mal, ces choses-là, si on les fait à moitié, soit on fracture le pays."
On doit mieux accompagner la douleurEmmanuel Macron, président de la République
"La première chose qu'on doit faire, c'est parachever le modèle français des soins palliatifs, en continuant à investir et à réparer les inégalités dans les territoires", a expliqué Emmanuel Macron, rappelant qu'"une vingtaine de départements" sont dépourvus d'unité de soins palliatifs (USP). "On doit mieux accompagner la douleur, en particulier des enfants, à tous les âges", a-t-il poursuivi, "en créant un continuum sans doute plus fort, amélioré entre les soins curatifs et les soins palliatifs, c'est-à-dire mieux prendre en compte la douleur dès le début des traitements et considérer qu'à un moment donné le traitement curatif va s'arrêter et qu'on accompagne cette douleur. Pas simplement par des produits, mais par de l'humanité."
Ce premier pilier, "un immense chantier" selon le chef de l'État, sera déployé "en janvier" par la ministre Agnès Firmin Le Bodo, qui a pris "par intérim" la barre du ministère de la Santé après la démission d'Aurélien Rousseau. "En février, je présenterai les contours du texte" sur la fin de vie, a-t-il annoncé, en précisant quelques lignes rouges à ne pas franchir.
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"Nous ne prendrons pas une loi qui touche les enfants", a-t-il dit. "On ne prendra pas une loi qui traite des cas psychiatriques, des déficients mentaux ou des gens qui veulent se suicider pour des problèmes de santé mentale", a-t-il ajouté. "Cette loi traitera nos compatriotes en âge adulte qui ont leur discernement et qui ont des maladies incurables avec des souffrances qu'on appelle réfractaires aux traitements", a encore détaillé le locataire de l'Élysée, citant l'exemple de "quelqu'un qui a aujourd'hui une maladie dégénérative sans espoir, la maladie de Charcot, quelqu'un qui a un cancer dont on sait qu'il est incurable". "On doit lui donner, la possibilité, dans des conditions de délibération avec sa famille, dans des conditions médicalement encadrées, d'avoir une fin de vie digne et d'avoir une réponse qui est plus adaptée, plus humaine que celle que nous avons aujourd'hui."
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