Addictions aux opioïdes: quand le cauchemar américain se répète en France

Mathilde Debry - Slate FR - 02/08
Plus de 200 personnes meurent tous les ans d'une overdose d'opioïdes dans le pays. Un phénomène venu tout droit des États-Unis, confrontés à l'une de leurs plus graves crises sanitaires. 

«C'est un véritable scandale sanitaire.» Avec un débit rapide empreint d'émotion, Christelle Cebo raconte comment sa fille adorée, Pauline, est morte. À seulement 16 ans, l'adolescente a fait une overdose de codéine et de Tramadol, deux médicaments antidouleur appartenant à la famille des opioïdes, aussi connus sous le nom d'opiacés. La vie de cette famille de trois enfants se déroulait pourtant tranquillement à la campagne, dans un quartier pavillonnaire des Yvelines.

Entourée de deux parents ingénieurs aux salaires confortables, Pauline entre dans l'adolescence et les tourments qui vont souvent de pair avec cette période compliquée. Alors que sa relation avec son petit ami se dégrade, un camarade lui parle de la codéine, à l'époque en vente libre en pharmacie. Mal dans sa peau, la jeune fille teste le produit et se sent immédiatement mieux. Problème: le médicament est extrêmement addictif. S'enclenchent alors les mécanismes classiques de la dépendance, qu'elle raconte par écrit dans son journal intime.

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Pour obtenir la détente émotionnelle souhaitée, Pauline a besoin de plus en plus de cachets. Elle se met à courir de pharmacie en pharmacie, où les professionnels de santé lui vendent le médicament sans broncher. Petit à petit, d'autres antidouleurs viennent s'ajouter à sa consommation. Un matin plus difficile que d'autres, l'adolescente se bourre de codéine et de Tramadol. Elle ne s'en remettra pas. «C'était un samedi comme les autres. Pauline n'est pas descendue de sa chambre. Ce n'était pas dans ses habitudes, mais comme c'était un jour de repos, nous ne nous sommes pas inquiétés», raconte sa mère, qui ignore alors tout du piège dans lequel est tombée sa fille depuis un an. «À midi, nous l'avons appelée pour déjeuner. Sans réponse, on est allés la chercher. On l'a trouvée inconsciente, elle ne bougeait plus», se remémore douloureusement Christelle Cebo. Les secours sont immédiatement appelés, arrivent vite et tentent de réanimer Pauline. Ils y parviennent, mais son cerveau est trop endommagé. Après dix jours de coma, l'hôpital conseille aux parents de Pauline d'arrêter les soins. Ils laisseront partir leur fi...
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