Le procès en appel du Mediator, l’un des scandales sanitaires les plus retentissants de France, va connaître son épilogue ce mercredi. La cour doit rendre son arrêt concernant les laboratoires Servier, dont le médicament commercialisé entre 1976 et 2009 pour le traitement du diabète, mais largement détourné comme coupe-faim, est tenu pour responsable de centaines de morts.
Va-t-elle suivre les réquisitions du ministère public contre le groupe pharmaceutique, rejugé entre janvier et juin pour « tromperie aggravée », « homicides et blessures involontaires », ainsi que pour « escroquerie » ? Les avocats généraux ont demandé une « confiscation du bénéfice » engrangé grâce à la vente du Mediator, soit jusqu’à 182 millions d’euros, en plus d’une amende de 13,5 millions.
Cet adjuvant au traitement du diabète, prescrit à environ 5 millions de personnes, a été retiré du marché en 2009 après qu’un lien avec des lésions cardiaques et de l’hypertension artérielle pulmonaire a été établi par la pneumologue brestoise Irène Frachon. Il est notamment reproché à la firme, dont le fondateur Jacques Servier est décédé en 2014, d’avoir « dissimulé les propriétés anorexigènes » de son médicament. Et sa dangerosité malgré des alertes dans les années 1990. Ce qu’elle a toujours contesté.