Elle était attendue depuis six semaines. L'éruption a débuté dans la soirée dans un secteur situé au sud de la capitale islandaise Reykjavík, où l'activité sismique intense depuis novembre avait mis les autorités en alerte. Une fissure de quatre kilomètres de long s'est ouverte dans le sol, d'où s'échappe le feu ardent d'une lave en fusion. Les images sont saisissantes, et ont fait le tour de la planète en quelques instants.
Pour autant, la population locale n'est pas en danger, selon les autorités, à commencer par les quelque 4000 habitants du village de Grindavik, dont la majorité avaient été évacués le 11 novembre dernier, alors qu'une éruption semblait imminente. Des centaines de secousses avaient été enregistrées en quelques jours, provoquées par le déplacement du magma sous la croûte terrestre. Le trafic aérien ne paraît pas lui non plus menacé à court terme, après une brève alerte lors du déclenchement de l'éruption. Le précédent de 2010 est dans toutes les têtes, lorsque l'éruption du volcan Eyjafjallajökull avait cloué au sol des milliers d'avions pendant plus d'une semaine. Le météorologue de LCI, Guillaume Woznicka, nous explique en quoi la situation est différente cette fois.
Que s'est-il passé ce lundi soir en Islande ?
Une éruption s'est produite sur la péninsule de Reykjanes, à l'extrême sud-ouest de l'Islande. C'est une faille qui s'est ouverte sur un volcan, qui mesure environ quatre kilomètres de long, et par laquelle s'échappent des gaz, des cendres et du magma. L'éruption semble plutôt stabilisée, sa puissance semblant même diminuer selon l'Institut météorologique islandais – ce qui ne présume pas de la durée du phénomène. Elle peut encore durer des heures, des jours ou des semaines.
Depuis six semaines, ce volcan était sous surveillance. Plusieurs failles s'étaient déjà ouvertes, et un millier de secousses avaient été enregistrées, mais depuis une quinzaine de jours, ces signes précurseurs d'une éruption avaient tendance à se faire plus rares. Finalement, le volcan s'est réveillé ce lundi soir, il fait partie des quelque 130 volcans considérés comme actifs en Islande. Ce n'est qu'une demie-surprise, même si l'état d'urgence a été récemment levé, les habitants évacués du village le plus proche n'avaient pas été autorisés à rentrer chez eux.
Dans toutes les têtes, il y a le précédent de 2010...
Il y a eu d'autres éruptions, en 2020, en 2021... On en parle plus ou moins, parce qu'elles sont moins importantes, et souvent assez limitées. Ce sont parfois quelques failles et du magma qui en sort, mais sans commune mesure avec ce qu'il s'est passé au mois d'avril 2010, avec l'éruption du volcan Eyjafjallajökull. Cette année-là, l'éruption explosive de ce volcan a généré des panaches de fumée et de cendres gigantesques, en plus des coulées de lave.
En gagnant la haute altitude, la cendre et les particules projetées avaient atteint le niveau où volent les avions, ainsi que le courant-jet [aussi appelé "jet-stream"], au-delà des 7000 mètres d'altitude. Ce sont des vents très puissants qui circulent d'ouest en est dans l'hémisphère nord, en passant au-dessus de l'Islande, et qui avaient alors repris dans leur courant toutes ces cendres, les dispersant sur l'ensemble de l'hémisphère nord, du continent américain à l'Europe. Le risque, c'est que ce type de particules peuvent se loger dans les réacteurs des avions, ce qui avait occasionné l'arrêt total du trafic aérien pendant plus d'une semaine. Des milliers d'avions avaient été cloués au sol, aux États-Unis et en Europe, paralysant les déplacements de centaines de milliers de personnes.
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Quelles sont les différences avec l'éruption du volcan Eyjafjallajökull ?
L'éruption de 2010 avait eu lieu au printemps, et le courant-jet est justement plus actif en hiver qu'en été, et actuellement on observe qu'un méandre remonte vers les îles britanniques à plus de 300 km/h, à 10 ou 11 kilomètres d'altitude. Si un épisode analogue avait lieu aujourd'hui 19 décembre, la propagation des cendres et des particules serait encore plus rapide qu'en avril 2010. Mais avec l'éruption commencée la nuit de lundi à mardi, la situation est complètement différente : elle est de type effusif, et non explosif, avec une faille ouverte qui permet aux gaz de s'échapper, et génère des fumées qui montent beaucoup moins haut.
Cela n'exclut absolument pas que l'on observe dans un avenir proche une explosion beaucoup plus forte, si la ...
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