On a encore du mal à accepter qu'une femme soit plus grosse que son conjoint

Dorothée Duchemin - Slate FR - 01/08
Dans la tête des gens, un homme avec une femme grosse est forcément un fétichiste. On n'imagine même pas que ces deux personnes soient tout simplement tombées amoureuses.

«“L'homme” ne veut pas sortir à mon bras. Je n'ai pas de valeur ajoutée à lui apporter. Je ne suis pas la beauté, je ne suis pas la minceur, je ne suis pas l’élégance, je ne suis pas la maîtrise, je ne suis pas “une femme”. Je suis une grosse.» Ainsi s'exprime Daria Marx, militante féministe contre la grossophobie, et cofondatrice du collectif militant Le gras politique, dans un texte publié sur son blog en 2019.

La lutte contre la grossophobie a réussi à enfin émerger ces dernières années, grâce notamment à des militantes comme Daria Marx ou Gabrielle Deydier, autrice de On ne naît pas grosse et coréalisatrice de On achève bien les gros, diffusé sur Arte en juin 2020.

On le sait déjà, la grossophobie est une discrimination qui touche encore plus les femmes que les hommes. «Cela touche plus les femmes lorsque l'on parle des corpulences moins fortes, pour des raisons liées aux normes esthétiques et corporelles bien plus contraignantes pour ces dernières. On peut voir l'effet de ces différences de genre en matière de discrimination dans le taux de personnes qui font des opérations bariatriques pour perdre du poids: plus de 80% sont des femmes alors qu'elles ne sont pas plus obèses en moyenne que les hommes. La norme de minceur étant d'autant plus forte pour les femmes qu'elles sont dans des professions socialement élevées», expliquait au Monde en 2017 la sociologue Solenn Carof, autrice de Grossophobie: Sociologie d'une discrimination invisible.

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