Dix fois plus importante que prévu. L’expérimentation des cours d'empathie lancée en janvier prochain concernera finalement 1000 établissements scolaires et non pas 100 comme prévu initialement, a annoncé ce dimanche 17 décembre le ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal. Cette phase permettra de "tester plusieurs organisations", avec une à deux heures de cours par semaine selon les classes, avant leur généralisation à la rentrée 2024, a-t-il précisé sur RTL, évoquant "des temps dédiés à l'apprentissage de la différence, de la tolérance, de la bienveillance, de l'altérité".
Objectif affiché : faire baisser les cas de harcèlement scolaire, phénomène qui affecte 10% des élèves de primaire et collège, en sensibilisant dès le plus jeune âge et en entretenant la gentillesse, le respect et la coopération.
Inspirés des pays nordiques, ce dispositif aussi appelé "Fri for Mobberi", ou "libéré du harcèlement" en français, fait ses preuves depuis 2005 au Danemark et depuis 2009 en Finlande où il se nomme "KiVa". Il s'agira d'"un temps où l’on apprend à respecter les différences de l’autre" et "une culture de l’apaisement quand il y a des conflits" pour "pacifier les choses", a détaillé Gabriel Attal ce dimanche. Concrètement, selon la méthode déjà utilisée dans un nombre restreint d'écoles tests en France, cela peut prendre la forme de mises en situation ou "jeux de rôle" qui consistent à se mettre dans la peau de différents protagonistes au cours d'ateliers dédiés. Tandis que le rôle de la victime vise à développer l’empathie, celui du harceleur a pour but de faire prendre conscience de ses responsabilités, et celui du témoin à encourager le signalement de ces situations aux adultes. Cet exercice permet également aux élèves de se rendre compte que chaque individu peut réagir différemment.
Autres exemples d'outils possibles destinés aux 0-9 ans : le recours à des planches de discussions ou encore à une peluche en guise de mascotte que les enfants peuvent aller voir quand ils sont tristes ou proposer en réconfort à un camarade qu'ils ont envie de voir aller mieux.
Les cours d’empathie commenceront "dès la maternelle" et se poursuivront en primaire, a encore indiqué Gabriel Attal. À noter qu'en vue de la généralisation de la mesure à toutes les écoles, en septembre 2024, le gouvernement "a demandé au conseil supérieur des programmes de faire une proposition" sur le temps qui doit y être consacré selon l'âge des élèves, entre autres.
À titre de repère, au Danemark, où la méthode a fait ses preuves dans la moitié des écoles du pays, cette discipline est inscrite dans le programme officiel depuis 1993, pour tous les élèves de 6 à 16 ans, à raison d’une heure par semaine. Elle n'a toutefois été généralisée qu'en 2005.
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Pour rappel, ces cours font partie d’un ensemble de mesures présenté par le gouvernement en septembre dernier pour lutter contre le harcèlement scolaire, parmi lesquelles comptent le changement de classe ou d'établissement des harceleurs, des questionnaires de détection des cas de harcèlement, la mise en place d'équipes académiques spécialisées, la confiscation du portable.
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