Les négociations autour de la loi immigration se poursuivent, à la veille de la commission mixte paritaire qui doit se tenir le 18 décembre. Une "CMP" dont Jordan Bardella n'attend pas grand-chose : invité de l'Événement du dimanche LCI, le président du Rassemblement national réaffirme son opposition au projet du gouvernement : "J'aimerais dire aux Français que peu importe l'issue de cette commission mixte paritaire, ça ne changera rien à la politique d'immigration française conduite depuis 30 ans", a-t-il estimé. Et ce, même si la version du Sénat, décrite comme "durcie", venait à être adoptée.
Jordan Bardella met en avant certaines "lignes rouges", à commencer par la présence dans le texte de "mesures de régularisation des travailleurs clandestins". En revanche, le RN appelle de ses vœux des "mesures administratives qui permettent d'aller un peu plus loin et un peu plus simplement dans la gestion de certaines procédures" relatives aux personnes en situation irrégulière.
Le président du RN, par ailleurs toujours député européen, attend peu de l'évolution du texte qui pourrait aboutir à l'issue de la CMP. Mais il plaide pour que les débats de cette commission soient retransmis. Il va ainsi dans le sens des écologistes, qui ont formulé cette demande ces derniers jours. "La transparence des débats, surtout sur une question aussi existentielle que l'immigration, me paraît aller dans le bon sens", a glissé Jordan Bardella. A fortiori lorsque l'on considère que les questions abordées "engagent l'avenir et l'identité de nos concitoyens, leur sécurité et leur modèle social".
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Dans les rangs du RN, on estime aujourd'hui que la loi immigration n'apporte pas de réponse aux enjeux liés à l'immigration. Avec le texte du gouvernement, "on est au cœur du 'en même temps'", estime le bras droit de Marine le Pen, "or, on ne peut pas faire du 'en même temps' en matière d'immigration". C'est pour cette raison que l'élu réitère son souhait de référendum sur le sujet. Une vaste consultation populaire est à ses yeux nécessaire puisque "l'État français ne contrôle aujourd'hui qu'un tiers de la politique d'immigration. Le reste est entre les mains des juges, de jurisprudences européennes et internationales."
Le projet de Jordan Bardella est clair : "inscrire dans la Constitution française la supériorité du droit français sur toute autre règle", dans les domaines de l'immigration et de la sécurité. Une position qui fait écho à celle d'Eric Zemmour ou du LR Olivier Marleix, mais dont la faisabilité est largement remise en cause par des juristes. Le RN souhaiterait négocier auprès de l'UE des mesures d'exception, un "opt-out" analogue à celui dont dispose un pays comme le Danemark.
Pour Jordan Bardella, seules des mesures d'ampleurs permettront de prendre la mesure des défis posés par l'immigration. L'élu du RN invite les Français à se projeter dans le temps, assurant que "les vagues migratoires n'ont pas encore démarré". Il en veut pour preuve la démographie d'un continent comme l'Afrique, dont la population va passer, "d'ici à 2050, de 1,2 milliard d'habitants à 2,5 milliards".
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