Après la COP28, la planète n'a jamais consommé autant de charbon qu'en 2023

LCI - 15/12
[VIDÉO] - Au surlendemain de la clôture de la COP28, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a annoncé, vendredi 15 décembre, un record mondial de consommation de charbon. En 2023, la demande a atteint 8,53 milliards de tonnes, essentiellement en raison de la forte hausse en Chine, en Inde et en Indonésie. Dans son rapport annuel, l'AIE table sur l'émergence d'une tendance à la décrue "à partir de 2024".

Au surlendemain de la clôture de la COP28, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a annoncé, vendredi 15 décembre, un record mondial de consommation de charbon.
En 2023, la demande a atteint 8,53 milliards de tonnes, essentiellement en raison de la forte hausse en Chine, en Inde et en Indonésie.
Dans son rapport annuel, l'AIE table sur l'émergence d'une tendance à la décrue "à partir de 2024".

On appelle cela un paradoxe climatique. Alors que la COP28 s'est achevée, mercredi 13 décembre, avec un consensus de près de 200 pays sur le texte final qui mentionne, pour la première fois, une "transition hors" des énergies fossiles, voilà qu'on apprend que la planète - qui n'a jamais eu aussi chaud que cette année - n'a jamais consommé autant de charbon. 

En 2023, la demande mondiale a atteint 8,53 milliards de tonnes, un record historique, a annoncé, vendredi 15 décembre, l'Agence internationale de l'énergie (AIE). C'est en Asie que l'appétit pour les roches carbonées est le plus important : selon l'AIE, cette année, la dépense en Chine aura fait un bond de 220 millions de tonnes (+4,9%) par rapport à 2022, celle de l'Inde aura progressé de 98 millions de tonnes (+8%), et celle de l'Indonésie de 23 millions de tonnes supplémentaires (+11%).

La Chine reste néanmoins de loin le plus gros joueur sur l'échiquier, avec plus de la moitié de la consommation mondiale (54%) à elle toute seule. "Plus de 60%" du charbon utilisé là-bas sert à produire de l'électricité. Mais alors que le pays continue à construire des centrales à charbon (52 GW de nouveaux projets ont été approuvés en 2023), l'AIE s'attend à un tournant en 2023, si la Chine ne fait face à trop de vagues de froid (ou de chaud) qui influencent l'utilisation des centrales. La consommation chinoise devrait baisser de 175 millions de tonnes sur la période 2024-26, à 2,8 milliards de tonnes. Du coup, c'est l'Inde qui va devenir "moteur" pour la pression à la hausse sur la demande mondiale de charbon jusqu'en 2026.

Une tendance à la décrue "à partir de 2024"

Une consommation qui, à titre de comparaison, a déjà fortement ralenti en Europe (baisse de 107 millions de tonnes, -23%), et aux États-Unis (baisse de 95 millions de tonnes, -21%), en raison essentiellement de la mutation des centrales électriques qui abandonnent progressivement le charbon pour sauver le climat, et de la faiblesse de l'activité industrielle. En revanche, pour ce qui est de la Russie, quatrième consommateur mondial, et de l'Ukraine, l'AIE évoque des prévisions "incertaines". 

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En dépit de ce triste record, l'Agence internationale de l'énergie table sur une tendance à la décrue "à partir de 2024", selon ses prévisions publiées au surlendemain de la clôture de la 28ᵉ réunion internationale de l'ONU sur le climat à Dubaï, qui a abouti sur un abandon progressif des sources d'énergies fossiles pour lutter contre le réchauffement climatique. Elle compte notamment sur une augmentation très importante des énergies renouvelables (éoliennes, solaire) pour "pousser la consommation mondiale de charbon", dont le pic est attendu en 2023, sur "une trajectoire descendante". 

Y.R. avec AFP

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