Qu’elle est énervante Monique Olivier ! À répondre le plus souvent Je ne sais pas , Je ne me souviens pas … L’interrogatoire de ce jeudi 14 décembre 2023 était pourtant attendu. L’accusée de 75 ans qui comparaît depuis le 28 novembre, à Nanterre, pour complicité de trois meurtres, était interrogée sur l’enlèvement d’Estelle Mouzin, le 9 janvier 2003, à Guermantes (Seine-et-Marne) ? Où Michel Fourniret et elle ont-ils enterré le corps de cette fillette, qui n’a jamais été retrouvé ? Quels ont été ses derniers moments ? Comment a-t-elle été tuée ? Monique Olivier livre peu de réponses et visiblement le président de la cour d’assises, Didier Safar, n’a pas trouvé la clé pour la faire parler. Vous êtes en présence d’une enfant de 9 ans, vous la gardez, vous savez qu’elle va être assassinée… Et vous n’avez aucun souvenir ? , finit-il par s’agacer.
Avant d’ajouter à deux reprises : Vous nous prenez pour des idiots. » C’est son avocat, Me Richard Delgenes, qui doit intervenir pour que sa cliente se livre un peu : Racontez-nous ce que vous avez fait cette journée-là. Soyez la plus précise possible.
Par bribes, Monique Olivier raconte alors les journées des 9, 10 et 11 janvier. Après avoir enlevé Estelle, vers 18 h ce 9 janvier, Michel Fourniret a emmené son beau petit sujet , comme il l’avait appelée, à Ville-sur-Lumes (Ardennes) dans l’ancienne maison de sa sœur dont il avait hérité. Une maison abandonnée, aux pièces délabrées. Le lendemain, il appelle Monique Olivier qui se trouve alors au domicile du couple, à Sart-Custinne en Belgique, commune distante d’environ 45 km. Il veut qu’elle vienne la rejoindre pour garder la fillette pendant que lui se rend à son travail, un poste de surveillant… dans une école. Ce qu’elle fait.
Elle se retrouve donc seule avec l’enfant et monte la voir dans une pièce du grenier où elle était retenue. Je ne reste pas longtemps avec elle. Cela me faisait de la peine de voir cette fillette. Elle avait peur, elle pleurait », raconte l’accusée. Qui se souvient aussi que la fillette voulait retrouver sa maman. Je lui ai dit qu’elle allait bientôt la voir. Puis je suis sortie et j’ai fermé la porte », poursuit-elle.
À force de questions, Monique O...
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