Un an après ses dérapages antisémites, Kanye West tente le plus improbable des comebacks

LCI - 14/12
[VIDÉO] - Le rappeur américain publie (normalement) ce vendredi "Vultures", un album en duo avec le chanteur de R’N’B Ty Dollar Sign. Ce comeback musical intervient un an après des déclarations racistes et antisémites qui ont plombé sa carrière. Retour sur la descente aux enfers d’une icône qui n’a pas tout à fait dit son dernier mot.

Le rappeur américain publie (normalement) ce vendredi "Vultures", un album en duo avec le chanteur de R’N’B Ty Dollar Sign.
Ce comeback musical intervient un an après des déclarations racistes et antisémites qui ont plombé sa carrière.
Retour sur la descente aux enfers d’une icône qui n’a pas tout à fait dit son dernier mot.

Au départ, c’était une provocation comme les autres. Une de plus dans une carrière jalonnée de coups d’éclat parfois incompréhensibles, souvent gênants, mais jamais sanctionnés jusque-là par le showbiz. Le 3 octobre 2022 à Paris, Kanye West réunit une poignée d'invités de marque et autres influenceurs dans un bâtiment de l’avenue de la Grande Armée, à deux pas des Champs-Elysées, pour leur dévoiler la nouvelle collection de sa marque de vêtements, Yeezy.

Doudounes, hoodies, lunettes futuristes… Le rappeur se promène fièrement entre les mannequins qui arborent ses créations. Mais la pièce que tout le monde va retenir, c’est un t-shirt sur lequel figure l’inscription "White Lives Matter" (Les vies blanches comptent). Un jeu de mots qui parodie le slogan du mouvement Black Lives Matter, au cœur de l’actualité depuis la mort de George Floyd sous le genou du policier Derek Chauvin.

Une icône devenue toxique

À son apparition lors du défilé, plusieurs invités dont Will Smith et son fils Jayden vont quitter les lieux. Kanye West, lui, l’arbore en coulisses en compagnie de Candace Owens, une éditorialiste ultra-conservatrice noire-américaine dont il a fait la rencontre en 2018, à l’époque où il clamait à TMZ que "l’esclavage est un choix" et qu’il portait la casquette "Make America Great Again" de la campagne de Donald Trump.

Pour cette trentenaire diplômée de l’Université de Stamford, les activistes de BLM formeraient "un groupe de bambins pleurnichards" qui se victimise pour attirer l’attention des médias. Peu après l’apparition du fameux t-shirt sur les réseaux sociaux, son nouvel ami musicien la paraphrase sur les réseaux sociaux en écrivant : "Tout le monde sait que Black Lives Matter était une escroquerie. Maintenant c’est terminé, je vous remercie".

Dans la foulée de cet énième dérapage, Kanye West vient s’expliquer auprès de l’animateur Tucker Carlson dans un entretien à la chaîne Fox News. Coupées au montage, une série de propos antisémites vont être dévoilées par le média en ligne Vice. Au même mpment, Instagram et Twitter décident de suspendre ses comptes suite à la publication d’une série de messages dans lesquels il affirme notamment que les médias sont "contrôlés par les juifs".

C’est le moment que le monde de la mode va choisir pour couper les ponts. D’abord Balenciaga qui annonce le 21 octobre sa décision de mettre un terme à son partenariat créatif avec le rappeur, sans donner de détails. Ami proche du styliste Demna Gvasalia, le rappeur avait défilé pour lui porte de Villepinte, dans la boue d’un décor d’apocalypse, la veille de l’affaire du T-Shirt. Mais pour la filiale du groupe Kering, il ne serait plus question de transiger avec une icône désormais toxique.

Sous pression des réseaux sociaux et des associations de lutte contre l’antisémitisme partout dans le monde, Adidas embraie quatre jours plus tard. Après avoir annoncé son intention de "réévaluer" son partenariat lucratif avec la star, la marque aux trois bandes annonce qu’elle ne "tolère pas l’antisémitisme et ou tout autre forme de discours haineux". 

Kanye West, lui, décide de jouer la carte de la victimisation qu'il dénonçait jusqu'ici. "J'ai perdu deux milliards de dollars en un seul jour, et je suis toujours en vie", écrit-il le 27 octobre sur son compte Instagram, dont il a récupéré l’accès. Quelques heures après, on apprend qu’il vient d’être expulsé des bureaux californiens de la marque Sketchers, à laquelle il était venu proposer ses services, en vain. 

Tout être humain a apporté quelque chose ayant une valeur, surtout Hitler
Kanye West, dans le podcast d'Alex Jones le 1er décembre 2022

Après une tentative de mea culpa malheureuse dans l’émission du journaliste britannique Piers Morgan où il affirme "souffrir d’épuisement" et déclare que tout le monde lui ment "constamment", y compris la mère de ses enfants Kim Kardashian, Kanye West franchit un nouveau cap début décembre. "J'en ai assez des étiquettes", dénonce-t-il dans le podcast du complotiste Alex Jones. "Tout être humain a apporté quelque chose ayant une valeur, surtout Hitler", insiste-t-il. "J'aime Hitler."

Outre-Atlantique, où la presse a longtemps décortiqué les moindres faits et gestes de l’un des rappeurs les plus doués de sa génération, Kanye West est désormais persona non grata. Il faut en réalité patienter jusqu’à l’été dernier pour qu’il ressurgisse à la une des médias… depuis Venise. Alors qu’il roucoule avec l'Australienne Bianca Censori, sa nouvelle épouse, le rappeur est photographié pantalon baissé à bord d’un vaporetto, la jeune femme à genoux devant lui. Scandale ! Monsieur et Madame West seront bannis à vie par la compagnie de bateaux taxis. 

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