Dit-elle la vérité ou ment-elle encore une fois ? Ce vendredi matin, Monique Olivier continue d'être jugée à Nanterre pour complicité dans les enlèvements et les meurtres de Marie-Angèle Domèce, 18 ans, en 1988, Joanna Parrish, 20 ans, en 1990, et Estelle Mouzin, 9 ans, en 2003. L'ex-femme de Michel Fourniret, âgée aujourd'hui de 75 ans, a livré des détails concernant la fin de vie de la plus jeune des victimes, dont le corps n’a jamais retrouvé.
Selon son récit, le 9 janvier 2003, jour de la disparition d’Estelle Mouzin à Guermantes (Seine-et-Marne), Monique Olivier reçoit un appel de son mari, Michel Fourniret, qui lui annonce qu'il a "trouvé un petit sujet intéressant" et qu'il allait "s'en occuper." Il rentre seul à son domicile de Sart-Custinne (Belgique) le soir. D'après Monique Olivier, la petite Estelle a été laissée seule dans un froid glacial dans la maison de Ville-sur-Lumes, dont ont hérité Michel Fourniret et son frère, et qui appartenait à leur sœur Huguette.
L'accusée explique qu'ensuite, son mari lui aurait demandé, le 10 janvier, d’aller garder la fillette. Quand elle arrive dans la maison, Estelle Mouzin est dans une chambre dans le grenier. La porte est fermée à clé. Monique Olivier l'affirme, après avoir dit le contraire en interrogatoire : la fillette n’était ni attachée, ni bâillonnée. Elle explique qu’elle était "assise sur un matelas" posé sur le sol, qu’elle "avait l’air triste", qu’elle "n’était pas remuante" et qu’elle "pleurait". "Elle a réclamé sa maman, je lui ai dit qu’elle la reverrait bientôt", précise la septuagénaire dans le box. Monique Olivier sait pourtant déjà qu’Estelle ne reverra jamais sa mère.
L'ex-femme de Michel Fourniret se souvient lui avoir donné un verre d’eau, et l’avoir conduite, à sa demande, aux toilettes à l’étage en dessous avant de la ramener dans la chambre mansardée. Elle l’y a laissée seule, enfermée et ne se souvient pas que l’enfant ait tenté de partir. "J'ai dû m'asseoir auprès d'elle. Je n'ai pas voulu rester très longtemps. J'avais de la peine, de la colère", explique l’accusée. Le président s’interroge sur le fait que la petite n’ait pas tenté de fuir. "A-t-elle été droguée ?", demande Didier Safar pour trouver une explication à cette apathie. Monique Olivier assure ne l’avoir pas fait, mais n’exclut pas que l’ogre des Ardennes lui ait fait avaler un calmant.
Après cette courte garde d'environ deux heures, Michel Fourniret prend le relais. Monique Olivier, elle, retourne à Sart-Custinne, en Belgique. Quand celui que l'on surnomme l'ogre des Ardennes rejoint sa femme le 10 janvier dans la soirée, il lui confie : "C’est terminé". Il demande à sa femme de l’aider pour le lendemain. Monique Olivier sait alors que c’est un cadavre qu’elle ira chercher avec lui.
Le 11 janvier, selon le récit qu'elle en fait ce jeudi, elle raconte avoir accompagné son mari sur "une patte d’oie" dans un bois "à 1 ou 2 km" de la maison de Ville-sur-Lumes, après lui avoir fourni à sa demande une pelle et une pioche. Après l'avoir déposé, elle revient deux heures plus tard. Là, elle l’aperçoit une cigarette à la bouche, le tueur vient de creuser le trou où sera déposé le corps de l’enfant, un trou peu profond "à hauteur de la cheville". Les deux repartent puis se rendent le soir à Ville-sur-Lumes, chercher le corps d’Estelle.
Là, Monique Olivier attend son mari dans un premier temps dans la voiture. Frigorifiée, elle va dans le garage, mais ne le voyant pas revenir, décide de monter au grenier. "J'ai vu qu'il déposait la petite dans un rideau de douche. Elle était habillée. Elle avait un pull rouge et un pantalon bleu. Puis, il l'a descendue. Il l'a mis dans le coffre dans la voiture. Je l'ai ramenée à la patte d'oie. Il a pris le corps et il est parti avec", explique-t-elle. "Comme un chien", Monique Olivier l’attend dans le véhicule. Ils repartiront ensemble, laissant l'enfant et les outils, selon elle, dans la forêt.
Michel Fourniret a-t-il violé Estelle ? Comment l’a-t-il tuée ? Selon Monique Olivier, Michel Fourniret aurait tenté de violer l’enfant, mais n’est pas parvenu à ses fins. Toujours selon elle, il l’aurait tuée en l’étranglant avec "ses grosses mains" mais ne l'aurait pas frappée, car elle ne portait "pas de traces de coups."
Pourquoi Monique Olivier, si comme elle l’a dit, a ressenti de la "peine" en voyant cette "petite fille triste et en pleu...
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