Ces appels au boycott liés au conflit Israël-Hamas nourris par des infox

LCI - 13/12
Plusieurs marques sont la cible d'appels au boycott pour avoir prétendument soutenu Israël. Sur les réseaux sociaux, cette campagne est notamment alimentée par les fausses informations. Nous avons vérifié les rumeurs qui circulent au sujet de Zara, Puma et Starbucks.

Plusieurs marques sont la cible d'appels au boycott pour avoir prétendument soutenu Israël.
Sur les réseaux sociaux, cette campagne est notamment alimentée par les fausses informations.
Nous avons vérifié les rumeurs qui circulent au sujet de Zara, Puma et Starbucks.

Près de deux mois après le début de la guerre entre Israël et le Hamas, plusieurs entreprises sont critiquées pour leurs prétendues positions sur le conflit israélo-palestinien. Si des incidents éclatent aux quatre coins du monde devant certains magasins, c'est surtout sur les réseaux sociaux que les appels aux boycotts se propagent. Dernier exemple en date, Zara, accusée de se moquer des victimes de la bande de Gaza et qui a dû réagir ce mardi 12 décembre. Des marques désormais dans la tourmente. Et au cœur de fausses informations.

Des décisions prises avant le conflit

Zara est sous le feu des critiques après une campagne publicitaire accusée d'ironiser sur le sort des victimes de la bande de Gaza. L'esthétique des photos de la collection "Atelier" évoquerait, selon ses détracteurs, la guerre dans l'enclave palestinienne, et en particulier les cadavres enveloppés dans des linceuls blancs. Comme nous vous l'expliquions ici, la campagne de mode précède pourtant largement le conflit actuel. L'esthétique inspirée de la mode pour homme des siècles passés a été choisie en juillet, pour une réalisation en septembre.

Reste que, face aux appels au boycott en ligne et aux actions devant plusieurs magasins, dont celui de Tunis ou de Montréal, l'entreprise a retiré les images controversées de sa campagne. Mais les actions sont-elles allées plus loin ? Une vidéo devenue virale affirme qu'en réponse à cette "publicité insultante", des centaines d'Américains auraient "jeté tous leurs vêtements Zara devant l'entreprise". 

Cette vidéo devenue virale affirme à tort que des centaines d'Américains auraient "jeté tous leurs vêtements Zara devant l'entreprise", le mercredi 13 décembre 2023 - Capture d'écran

Le filigrane présent sur certaines vidéos renvoie à un compte TikTok. Or, sur la vidéo d'origine, aucune référence au conflit actuel au Proche-Orient, mais un hashtag : "think first buy second", soit "penser d'abord, acheter ensuite" en français. De fait, la publication fait référence à une vidéo bien plus ancienne, mise en ligne le 16 novembre par la marque "Vestiaire collective".

Cette plateforme, qui propose une vente en ligne de vêtements de seconde main, avait décidé à l'automne de refuser de commercialiser 30 marques de fast fashion, dont Zara. Pour maquer le coup, le portail avait réalisé une campagne de sensibilisation au gaspillage vestimentaire en publiant notamment cette vidéo "en réalité augmentée", de Times Square submergé de vêtements abandonnés.

Du côté de Puma, l'équipementier sportif a annoncé ce mardi qu'il cesserait de sponsoriser l'équipe nationale israélienne. Une "victoire", pour le mouvement palestinien "Boycott, Désinvestissement et Sanctions" (BDS), qui y voit le résultat de ses appels. Une réaction décrite comme une "tentative pathétique d'induire en erreur" par la Fédération israélienne de football. Et pour cause, la décision de Puma précède le début du conflit au Proche-Orient. 

Dans un document interne, révélé par le Financial Times, l'entreprise explique avoir acté en septembre qu'elle ne prolongerait pas son contrat avec l'État hébreu, faute d'un accord sur l'amélioration des conditions contractuelles. Sous la houlette d'un nouveau patron, Arne Freundt, arrivé fin 2022, Puma revoit en effet sa stratégie, pour cibler des partenariats moins nombreux et mieux médiatisés. Selon cette approche, les contrats avec certaines fédérations "comme Israël" mais également "la Serbie" vont expirer en 2024, comme l'a précisé une porte-parole de l'entreprise à l'AFP.

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Enfin, concernant Starbucks, l'entreprise aurait enregistré "une perte de 12 milliards de dollars" en vingt jours, assurent plusieurs commentateurs. Soit "la plus grande perte pour l'enseigne depuis son introduction en bourse en 1992". Tout d'abord, partons du constat. Il est vrai que la valeur boursière de l'entreprise s'est effondrée au début du mois. Une chute estimée à 12 milliards de dollars par Bloomberg, site spécialisé dans l'analyse des marchés financiers.

Mais quel lien avec le Proche-Orient ? Starbucks n'est pas spécialement un soutien d'Israël. Le 11 octobre, l'entreprise avait exprimé dans un communiqué sa sympathie pour "les innocents en Israël et à Gaza", sans signe d'appui particulier au gouvernement ou à l'armée de Tel-Aviv. Toutefois, par la suite, la chaîne américaine s'est retrouvée dans la tourmente après que le syndicat "Starbucks Workers United", qui ne représente pas la majorité des salariés de la chaine, a publié un message de "solidarité avec la Palestine" avec l'image d'un mur de Gaza détruit lors de l'offensive sanglante du 7 octobre. Une communication qui a poussé la chaîne américaine à "condamner les actes de terrorisme" des membres du Hamas et "désapprouver fermement les déclarations de Workers United" le 13 ...
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