Rejet du projet de loi immigration : et maintenant ?

LCI - 11/12
[VIDÉO] - L'Assemblée nationale a adopté ce lundi par 270 voix contre 265 une motion de rejet du projet de loi immigration. Le texte ne sera donc pas débattu en l'état par les députés. Après ce camouflet pour Gérald Darmanin, quelles solutions reste-t-il au gouvernement pour faire adopter son texte ?

L'Assemblée nationale a adopté ce lundi par 270 voix contre 265 une motion de rejet du projet de loi immigration.
Le texte ne sera donc pas débattu en l'état par les députés.
Après ce camouflet pour Gérald Darmanin, quelles solutions reste-t-il au gouvernement pour faire adopter son texte ?

Un tel scénario catastrophe n'avait pas vraiment été envisagé. Pour la première fois depuis 25 ans, un texte gouvernemental a été rejeté par les députés avant même son examen sur le fond. L'Assemblée nationale a adopté ce lundi par 270 voix contre 265 une motion de rejet préalable au projet de loi immigration. À l'énoncé du résultat, c'est une clameur digne d'un stade de foot qui s'est élevée dans l'hémicycle. Il faut dire que cela s'est joué sur le fil pour le gouvernement. 

Le suspense au plus haut jusqu'au vote

Ce rejet est un camouflet pour le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, qui avait fait le pari de trouver un chemin, notamment avec la droite, pour faire passer son texte à l'Assemblée. Tandis que pour ses opposants, c'est une victoire. En premier lieu pour Marine Le Pen, facétieuse dans l'hémicycle, faisant mine de pleurnicher comme pour mieux se moquer. Elle était tout sourire à la sortie. "Nous avons protégé les Français d'un appel d'air migratoire supplémentaire", a déclaré la présidente du groupe RN Marine Le Pen face aux journalistes, comme on peut le voir dans la vidéo en tête de cet article. C'est "un désaveu extrêmement puissant", a-t-elle encore estimé.

Toute la journée, les députés de l'opposition ont joué une partie de poker menteur avec Gérald Darmanin, de plus en plus tendu alors que les minutes s'égrenaient. "Je vois surtout la volonté de ne pas discuter et de ne pas serrer la main tendue", a-t-il lancé à leur encontre, juste avant le vote. Jusqu'à la dernière seconde, chacun a gardé son jeu secret. Finalement, tous les députés RN ont voté pour le rejet du texte. Tout comme ceux de la Nupes et une majorité des députés LR. "On ne peut pas faire un texte qui cherche à plaire à tout le monde. En matière d'immigration, on a besoin de plus de fermeté. Un point c'est tout", a insisté le patron du groupe LR Olivier Marleix. "Ça sent le bout du chemin" pour Gérald Darmanin et pour sa loi, a jugé de son côté le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon sur X (ex-Twitter). 

Élisabeth Borne réunit ses ministres à Matignon

Le gouvernement peut désormais choisir de laisser le texte poursuivre son parcours législatif au Sénat ou en commission mixte paritaire réunissant députés et sénateurs, ou prendre la décision de l'abandonner. Selon le rapporteur, proche de Gérald Darmanin, le gouvernement décidera dans les 24 heures de ce qu'il fera. "Tout ce que je souhaite, c'est que le gouvernement poursuive (...) dans sa volonté d'apporter des réponses au problème de l'immigration", avait réagi de son côté le président du groupe Horizons Laurent Marcangeli, membre de la majorité. "Beaucoup de parlementaires qui depuis des mois et des mois demandent d'avoir un débat sur l'immigration viennent de se priver du débat", a pour sa part fustigé le ministre du Travail Olivier Dussopt lors d'un point presse.

Invité du 20H de TF1 ce lundi, le ministre de l'Intérieur a fait savoir qu'une réunion de crise se tiendrait dans la soirée à Matignon. "Le président de la République nous a demandé (avec Élisabeth Borne) de trouver une ligne de crête pour faire adopter des mesures fortes pour les Français", a-t-il expliqué, annonçant avoir présenté sa démission, refusée par Emmanuel Macron, après ce qu'il a lui-même qualifié d'"échec".  

C'est sans aucun doute la plus grave crise depuis les élections législatives de juin 2022.
Adrien Gindre, chef du service politique TF1/LCI

Selon l'analyse d'Adrien Gindre, chef du service politique TF1/LCI, "c'est sans aucun doute la plus grave crise depuis les élections législatives de juin 2022". "Le gouvernement s'est fait plusieurs fois des frayeurs, par exemple quand la motion de censure sur les retraites est passée à neuf voix près, sauf qu'à la fin la pièce était retombée du bon côté. Cette fois, elle est tombée du mauvais côté", a-t-il souligné sur LCI. 

Loi immigration : scénario catastrophe pour l'exécutifSource : TF1 Info
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"Le gouvernement avait fait le pari d'être chanceux encore une fois ou que son travail paierait, mais Gérald Darmanin est dans une configuration qu'il n'avait pas anticipée et dans laquelle il n'a pas les clés. Ce n'est pas le gouvernement seul qui peut désormais décider de la suite. Il va devoir choisir une stratégie, à qui tendre la main. Ou alors, il va devoir choisir de faire le contraire de ce qu'il a toujours dit : recourir au 49-3 alors même que la Première ministre et le ministre de l'Intérieur ont dit qu'ils étaient prêts à perdre", a-t-il ajouté.

Cette défaite s'est donc jouée à cinq voix pr...
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