Scarface a 40 ans : anatomie d’un film culte

Première - 09/12
Voici l’histoire du film de gangster le plus sale et le plus séminal des années 1980.

Al Pacino exalté, Oliver Stone en plein sevrage, De Palma qui cherche la rédemption… Voici l’histoire du film de gangster le plus sale et le plus séminal des années 1980.

Sorti le 9 décembre 1983 aux Etats-Unis, le Scarface de Brian de Palma fête aujourd'hui ses 40 ans. Dans le numéro 10 de Première Classics, paru en janvier 2020, nous vous racontions les coulisses de ce film culte qui a marqué la carrière d'Al Pacino et l'histoire de la pop culture

Tony Montana veut le monde, le fric et la fille. Et pour un laps de temps très court, le monde, le fric et la fille lui appartiendront. Scarface, mode d’emploi ultra-libéral, a résisté à l’épreuve des balles et du temps et a traversé les décennies en acquérant une aura de fascination absolue. Classique du home-ciné vidéo (à l’ère de la VHS, il s’agissait de la K7 la plus achetée, prêtée et piratée en France), le film de De Palma s’est imposé comme une œuvre unique, fascinante, le symbole de la culture gangsta.

Vilipendé à sa sortie, tout de suite identifié comme mineur dans la carrière de son réalisateur et critiqué pour ce qu’on considérait à l’époque comme une prestation grotesque de son acteur principal, Al Pacino, Scarface réussit à s’imposer progressivement comme le meilleur film du premier et l’interprétation préférée du second. Culte ? Oui, à coups de choix artistiques baroques et barrés (le compositeur et producteur disco Georgio Moroder signait une bande son synthétique unique, qui à ce jour, n’existe toujours pas sur support vinyle ou CD; les costumes sont d’un mauvais goût absolu, le langage grossier au-delà de l’imagination).

Scarface s’éloignait du modèle tragique des films de mafia imposé par le succès du Parrain pour devenir un pur chef-d’œuvre barbare, outrancier. Un remake dont l’aura éclipse aujourd’hui celle de l’original de Hawks. Cela fera hurler les fans du cinéaste, mais on peut affirmer que Scarface est le film le plus personnel de Brian De Palma. Réalisateur méprisé pendant son âge d’or (les 70’s) et considéré comme un sous-Hitchcock vulgaire, De Palma aurait dû rester coincé dans sa case "horreur" et "suspense" si Scarface ne lui avait pas été proposé.

PictureLux / The Hollywood Archive / Alamy / Abaca

Howard Hawks et L'Epiphanie d'Al Pacino

C’est en réalisant ce remake ...
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