« Origin » d’Ava DuVernay est aussi audacieux qu’ambitieux. À la base, il s’agit d’un argument intellectuel sur l’histoire et les hiérarchies de pouvoir, mais il s’agit également du processus difficile qui conduit à l’élaboration de cet argument. C’est une idée intimidante que DuVernay a façonnée en un récit mouvementé qui est tour à tour spécifique et de grande envergure, diagnostique et ambitieux. C'est un grand pas en avant que de prendre un grand tournant, et bien que le film soit plus convaincant en tant que drame que l'argument qu'il transmet, peu de films américains cette année atteignent si haut avec autant d'audace.
L’inspiration pour « Origin », que DuVernay a écrit et réalisé, est le livre acclamé et à succès d’Isabel Wilkerson, « Caste ». Dans ce document, Wilkerson soutient que pour comprendre pleinement les États-Unis et leur histoire conflictuelle, il faut regarder au-delà de la race et saisir le rôle joué par la caste, qu'elle considère comme un « classement structurel artificiel et statique des valeurs humaines qui fixe la suprématie présumée ». d’un groupe contre l’infériorité présumée des autres groupes. La caste, écrit-elle, sépare les gens – y compris en groupes racialisés – et les maintient divisés. Ces séparations, comme le dit le sous-titre, sont « Les origines de nos mécontentements ».
Pour le film, DuVernay a transformé Wilkerson en un personnage dramatique, parfois mélodramatique du m...
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