Bougie d'Hanouka allumée à l'Élysée : les réactions se multiplient, l'entourage d'Emmanuel Macron se défend

LCI - 08/12
[VIDÉO] - Les images du grand rabbin de France allumant une bougie pour la fête juive de Hanouka à l'Élysée, jeudi soir, font polémique. L'entourage du chef de l'État se défend, mais la classe politique dénonce une atteinte à la laïcité.

Les images du grand rabbin de France allumant une bougie pour la fête juive de Hanouka à l'Élysée, jeudi soir, font polémique.
L'entourage du chef de l'État se défend, mais la classe politique dénonce une atteinte à la laïcité.

Un rabbin qui allume une bougie de Hanouka, au premier jour de cette traditionnelle fête juive des lumières, au sein de l'Élysée et sous les yeux du président de la République. Les images filmées jeudi soir au sein du palais présidentiel font polémique ce vendredi matin, et entraînent un déchaînement de critiques et de réactions indignées envers Emmanuel Macron, accusé de piétiner la laïcité.

Que s'est-il passé ?

Jeudi soir, se tenait à l'Élysée la cérémonie de la Conférence européenne des rabbins. Emmanuel Macron y a reçu un prix pour sa lutte contre l'antisémitisme (comme Angela Merkel en 2013), c'est pourquoi il était entouré de chefs religieux et représentants de la communauté juive, au premier jour de la fête traditionnelle de Hanouka. Sur les images de la scène, visibles notamment sur X (ex-Twitter), on voit qu'à côté du pupitre officiel où sont prévues les prises de parole, un autre a été installé, sur lequel sont disposés un candélabre et des bougies. C'est là que le grand rabbin de France Haïm Korsia allume la première bougie du chandelier pour Hanouka, avant de prononcer une prière, reprise par plusieurs participants, et d'entamer un chant religieux. Le tout sous les yeux du président de la République.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'Élysée a communiqué sur cette cérémonie, indiquant à la presse que "depuis 2011, le prix Lord Jacobovits de la conférence européenne des rabbins est remis à des chefs d’État et de gouvernement européens au titre de la lutte contre l’antisémitisme et de la défense de la liberté de pratiquer la religion juive" et qu'à cette occasion "le Grand Rabbin de France qui était présent a salué le discours de remerciement du Président en allumant la première bougie de Hanouka". 

Les oppositions indignées

En dehors de la majorité, ce sont des réactions indignées qui ont afflué, de tous bords politiques. "Samedi, nous célébrerons la date anniversaire de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État. Ce soir, Macron la foule au pied en organisant une cérémonie religieuse à l’Élysée. Une faute politique impardonnable", a jugé le coordinateur national de La France insoumise Manuel Bompard. "Il était possible de soutenir la communauté juive de France sans qu’une fête religieuse entre à l’Élysée", a estimé la députée écologiste Sandrine Rousseau. "Macron président, c’est un gamin de 10 ans avec une panoplie du petit chimiste, mais de la vraie nitroglycérine et des vraies allumettes", a réagi la sénatrice socialiste Laurence Rossignol.

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Même le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Yonathan Arfi a jugé que célébrer Hanouka à l'Élysée était "une erreur". "Ce n'est pas la place au sein de l'Élysée d'allumer une bougie de Hanouka parce que l'ADN républicain, c'est de se tenir loin de tout ce qui est religieux", a-t-il déclaré au micro de Sud Radio. 

Quelle défense de l'Élysée ?

Ce vendredi matin, face aux critiques, l'entourage du chef de l'État a tenté de se justifier. Tout d'abord, l'Élysée se défend d'avoir organisé une cérémonie religieuse au sein du Palais, rappelant le contexte de la remise du prix Lord Jacobovits. "Ça n’est pas tout à fait la même chose que d’inviter des personnes pour participer à une cérémonie de Hanouka", explique l'entourage d'Emmanuel Macron. "La laïcité ça n’est pas la négation du fait religieux. C’est séparer l’action et la gestion de l’État du religieux", ajoute cette même source. "Par ailleurs, rappelons que le président a parlé à des obsèques religieuses la semaine dernier à Lyon pour Gérard Collomb."

C'est également l'un des arguments qu'a avancé le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin sur franceinfo. "J’ai accompagné de multiples fois le président dans des mosquées, des synagogues, des églises, des temples", a-t-il également expliqué. "Le président de la République est un défenseur des religions (...) Il les respecte toutes. En tant que chef de l'État, il n'y a nulle violation de la laïcité", a-t-il estimé, trouvant normal qu'au moment où l'antisémitisme est en recrudescence, Emmanuel Macron "se mette à côté de nos compatriotes juifs". 

"Il y a différentes façons d'envoyer un signal à la communauté juive (...), et le message du président de la République, dans cette période, c'est qu'on protège, qu'on soutient tous ceux qui veulent pratiquer leur religion et notamment la communauté juive", a abondé la Première ministre Elisabeth Borne depuis Mayotte. 

Justine FAURE

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