Tout a commencé le 18 juillet dernier à la suite d’une importante enquête menée par un consortium regroupant une centaine de journalistes, une vingtaine de médias, dont Le Monde, Radio France, l’ONG Forbidden Stories, en collaboration avec Amnesty International. Le projet est digne d’un épisode de la série britannique Black Mirror. Ce consortium de médias indique avoir analysé des centaines de téléphones portables dans plusieurs pays. Objectif : repérer lesquels étaient contaminés par le logiciel d’espionnage Pegasus, un bijou de technologie de surveillance conçu par la société israélienne NSO Group.
À la base, il faut savoir que Pegasus est présumé être mis en vente à destination d’organisations étatiques et non d’entreprises privées, avec comme objectif théorique d’espionner des individus ou des groupes soupçonnés d’être impliqués dans des initiatives à visée terroriste ou criminelle. Dans la réalité, ce logiciel serait aussi utilisé par certains régimes avec des velléités autoritaires pour espionner des journalistes, des avocats, des hommes d’affaires, des militants des droits de l’homme et même des chefs d’État étrangers. La liste des pays accusés de faire usage de Pegasus est longue… Parmi eux, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Maroc, la Hongrie, le Togo, l’Inde ou encore le Mexique. Des pays donc avec des profils divers tant au niveau géographique que des régimes politiques.
Le Maroc, cité plus haut, s’est ainsi retrouvé accusé d’utiliser à grande échelle Pegasus pour espionner non seulement des hautes personnalités du royaume – notamment le roi lui-même ! –, mais aussi des dissidents et des hauts responsables politiques, militaires et sécuritaires de plusieurs États, notamment la France et l’Algérie.
À la suite de l'accusation selon laquelle le téléphone du président Macron avait été ciblé par le logiciel Pegasus, un Conseil de défense s'est réuni à Paris le 22 juillet 2021. © LUDOVIC MARIN / POOL / AFPPlus grave : le royaume est accusé d’espionner rien moins que le téléphone portable d’Emmanuel Macron et de quelque 6 000 personnalités du complexe militaro-sécuritaire algérien.
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Des allégations évidemment repoussées et refusées avec force par les officiels du Maroc, des citoyens du royaume chérifien et aussi par certains membres de la communa...
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