« Bad reprise » – Quand Richard Anthony se prend pour Ray Charles

Fabrice Dupreuilh - LePoint - 28/07
ÉPISODE 3. Le roi des reprises n’a pas pris la tangente quand il a fallu adapter en 1961 le mythique « Hit the Road Jack ». Il aurait peut-être dû…

Les mauvaises langues l’appelaient le « copieur de titres » eu égard au nombre incroyable de reprises que contient sa discographie. Richard Anthony ne l’a pourtant jamais nié. Son idée, en épousant la carrière de chanteur à la fin des années 1950, était bien d’importer en France tous les hits qu’il écoutait la nuit à la radio depuis sa plus tendre enfance, lui, le gamin aux origines britannico-syriennes, né au Caire. Il faut croire en tout cas que l’appât de ce business florissant gommait chez lui toute peur du ridicule. Y compris celle de passer après le grand Ray Charles et l’un de ses plus gros standards de l’année 1961, « Hit the Road Jack ». Dans la bouche (et les sillons) de Richard Anthony, cela donnera « Fiche le camp, Jack » et si l’on ne peut reprocher à ce titre d’avoir su rester fidèle aux paroles originales, on est tout de même en droit de se demander ce qui a bien pu pousser le tout jeune rockeur de 23 ans à prendre un tel risque. Pour pondre, finalement, un morceau pas terrible-terrible. Alors, courage ou inconscience ?

« Wo mais dis donc / Mais dis donc qu’est-ce que tu me dis là / Vraiment je n’aime pas que tu parles comme ça / Ne me dis plus un mot /Où je pars au triple galop/ Bye bye. » C’est sur un rythme endiablé qu’un Richard Anthony, moitié amorphe, moitié blasé, petit pull jaune clair, pantalon parfaitement coupé, et brushing de premier communiant...
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