Près de 48 heures après l'attaque au couteau mortelle à Paris près de la tour Eiffel, les gardes à vue des parents de l'assaillant ont été levées lundi en fin d'après-midi sans poursuite à ce stade, a indiqué le parquet national antiterroriste. Tous deux "sont très attachés à la France", avait expliqué en milieu de journée une source proche de l'enquête à l'AFP.
Armand R., Franco-Iranien de 26 ans, a été interpellé après avoir tué un touriste germano-philippin de 23 ans et blessé deux autres personnes, samedi soir, à proximité du pont de Bir-Hakeim, dans le XVe arrondissement de la capitale. "Je demande pardon à la France. J'aime ce pays ! Je demande pardon à la famille de l'Allemand mort à cause de cet individu", a déclaré sa mère, Ferry, lors de son audition. "Je pleure avec eux", a-t-elle ajouté, selon nos informations, avant d'évoquer son fils qu'elle ne nomme plus ainsi.
"Je n'ai plus de fils", a lâché cette femme de 62 ans face aux enquêteurs. "J'ai pourtant suivi comme vous (les policiers, ndlr) cet individu après sa détention sur ses obligations médicales. J'ai été présente."
Farshad, le père de l'assaillant, est quant à lui revenu sur un échange avec son fils, en 2015, lorsque ce dernier s'est converti à l'islam. "J'ai bien senti qu'il n'y connaissait rien. On aurait dû mieux l'accompagner dans son choix cultuel. Il l'a fait seul, dans sa chambre et sans nous", a-t-il expliqué, se définissant pour sa part comme un athée ayant grandi dans une famille musulmane.
Au cours de leur garde à vue, les parents ont également confirmé aux enquêteurs avoir entamé des démarches pour franciser le prénom de leur fils. C'est ainsi qu'en 2003, alors âgé de 6 ans, Iman R. est devenu légalement Armand R. À noter que lors de sa première conversion, il avait d'ailleurs demandé à ses proches de l'appeler exclusivement par le prénom "Amine".
Dès 2016, lorsque Armand R. déclare à ses parents qu'il n'est "plus musulman", fonçant dans le frigo pour boire une bière et manger du saucisson, ses parents affirment y avoir cru. Lors de leurs auditions face aux policiers de la brigade criminelle, ces derniers ont aussi évoqué le moment où leur fils est sorti de détention en 2020. "Cet individu nous annonce qu'il s'est de nouveau converti à l'islam", ont-ils expliqué, en référence à l'automne 2020, période où Armand R retweete des chants religieux musulmans du terroriste qui décapitera quelques jours plus tard Samuel Paty.
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"Issu d'une famille sans aucun engagement religieux", Armand R. s'est converti à l'islam à 18 ans et a "très rapidement" versé dans "l'idéologie djihadiste", selon les premiers éléments de l'enquête. Sa mère avait indiqué en octobre à la police qu'elle s'inquiétait pour son fils, voyant qu'il "se repliait sur lui-même", a rapporté dimanche le procureur antiterroriste Jean-François Ricard lors d'une conférence de presse. Les services de police avaient alors tenté de le faire examiner par un médecin et hospitaliser d'office, chose finalement impossible en l'absence de troubles, selon une source proche du dossier.
Sa mère, en outre, ne voulait pas demander son hospitalisation forcée. Quelques jours après son signalement, toujours d'après la même source, elle avait assuré qu'il "allait mieux".
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