« Nous savions qu'il effectuait des missions, du type de celles effectuées par l'unité Shaldag, pour apporter des renseignements de toutes sortes d'endroits, mais il n'en parlait pas et nous n'en savions pas grand-chose de plus. », me dit Zeevik Rosenthal alors que nous sommes assis sur le canapé de la maison bien aménagée de sa famille à Mevaseret Zion. "Ce n'est qu'après sa mort que nous avons vu toutes sortes de médailles et de récompenses décrivant comment il s'est comporté dans d'innombrables opérations, et 550 personnes sont venues aux funérailles, pour la plupart de l'unité, toutes avec des histoires similaires... et soudain, vous obtenez une image complète de qui était votre fils.
Le fils de Zeevik, l’adjudant-chef Ido Rosenthal, était un combattant légendaire de l’unité commando Shaldag (Kingfisher), l’une des unités les plus haut placées et les plus classifiées de Tsahal. Il a été tué le 7 octobre dans les premières heures du déchaînement du Hamas dans les communautés frontalières de Gaza.
Apparemment, de sa propre initiative, Ido a quitté son domicile au Moshav Ben-Shemen et s'est dirigé vers la base de Shaldag. De là, accompagné de quelques camarades, il se dirigea vers le sud. Dans les premières heures chaotiques qui ont suivi la destruction de la barrière frontalière par le Hamas, alors que les structures de défense officielles fonctionnaient à peine et que les communautés civiles étaient largement sans défense, lui et ses collègues se sont jetés sur l’ennemi. Ils étaient largement en infériorité numérique. Ils n'ont pas hésité. Le coût était élevé.
Je suis donc chez Zeevik pour tenter de reconstituer les événements de cette journée et d'explorer un seul des récits selon lesquels, le 7 octobre, les structures officielles d'Israël ont sombré dans le chaos et le dysfonctionnement pendant plusieurs heures meurtrières, et néanmoins, des individus et de petits groupes d’Israéliens se sont précipités dans le vide qui en a résulté. Et je voudrais aussi examiner de plus près l'un de ces individus, pas nécessairement dans le but de généraliser du particulier au communautaire.
Nous avons été rejoints à la maison de Mevaseret par la sœur d’Ido, Noa Ziv. Le portrait d’Ido qui se dessine au fil des photos et des documents que Zeevik dépose sur la table devant nous est celui d’un homme singulier et très loin d’être ordinaire.
À...