Dans la lutte contre le réchauffement climatique, le temps nous est désormais compté. « Désormais » parce que si nous avions (ré)agi dès que les scientifiques ont commencé à nous alerter, nous n’en serions pas là. Nous aurions presque eu le temps d’opérer notre transition et de sortir des énergies fossiles en douceur. Mais des forces se sont liguées pour nous encourager à l’inaction climatique.
au sommaire
[EN VIDÉO] Interview avec Jean Jouzel : Le réchauffement climatique est-il soudain ? Dans une interview, le paléoclimatologue français célèbre Jean Jouzel explique la dynamique du réchauffement climatique.
L’hypothèse d’un réchauffement climatique alimenté par les activités humaines — et les gaz à effet de serre qu’elles émettent — a commencé à sérieusement émerger dès les années 1960. Rapidement, des programmes de recherche se sont mis en place. Et déjà, des modèles climatiques prévoyaient un réchauffement global à venir en lien avec l’augmentation des taux de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère. À la fin des années 1970, la toute première conférence mondiale sur le climat se tient à Genève (Suisse). Mais ils ne sont encore que quelques scientifiques à prendre réellement conscience du problème qui attend l’humanité. Il faut avouer qu’à cette époque, d’autres sujets occupaient le devant de la scène : les pollutions chimiques ou les pluies acides, par exemple.
Ce n’est ainsi qu’à la fin des années 1980 qu’est créé un Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Celui que nous connaissons tous aujourd’hui sous l’acronyme Giec. Son rôle : évaluer l’information disponible en rapport avec la question du réchauffement climatique et publier une synthèse périodique qui fasse consensus.
La responsabilité humaine dans le réchauffement climatique est « sans équivoque »
Dans les années 1980, aussi, arrivent les premières preuves matérielles d’une corrélation entre réchauffement climatique et niveau de CO2 dans l’atmosphère. Et dans les années 1990, le changement climatique devient observable. Des études en confirment la cause : les émissions humaines de gaz à effet de serre, notamment liées à nos consommations d’énergies fossiles. Le rapport du Giec de 1995 fait état d’un « faisceau d’éléments qui suggère une influence de l’Homme ». Celui de 2001 estime que « la majeure partie de l’augmentation des températures est probablement due à l’augmentation des concentrations anthropiques de gaz à effet de serre ». En 2007, il est question de...
[Courte citation de 8% de l'article original]