Il y a dix ans, l’économiste français Thomas Piketty écrivait un livre tentant d’expliquer les forces économiques fondamentales qui façonnent le monde. Le capital au XXIe siècle est devenu un best-seller improbable, introduisant aux masses acheteurs de livres des thèmes tels que le ratio capital-revenu, les modifications de la courbe de Kuznets et l’élasticité de substitution du travail. Pendant un certain temps, ce Français sans prétention est devenu une rock star semblable à Jean-Paul Sartre (dont la légende de la conférence de 1945 dont la légende du magazine Time a capturé ainsi : « Philosophe Sartre. Les femmes s'évanouissent »).
Personne ne s’est évanoui au Peacock Theatre de Londres lorsque Piketty y a donné une conférence un soir d’été il y a neuf ans, mais il y avait des files d’attente autour du pâté de maisons. Piketty avait un message que les gens voulaient entendre : l’économie doit être utilisée pour le bien plutôt que pour le mal, afin de redistribuer efficacement les richesses.
Piketty a cherché à convaincre ses lecteurs que le XXe siècle avait été inhabituel : une croissance démographique rapide et unique qui a contribué à accélérer la croissance, combinée à des chocs (deux guerres mondiales, la Grande Dépression) qui ont réduit la valeur du capital et ainsi maintenu les inégalités à un niveau bas. Ce sont des exceptions dans l’histoire de l’humanité plutôt que des règles. Le 21e siècle, affirme-t-il, ne sera pas comme le 20e. Si nous n’agissons pas, l’accumulation du capital entre les mains d’un très pe...
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