En août 1927, un Normand neurasthénique de 57 ans se donne la mort, chez lui. Dans sa lettre d’adieu citée par L’Ouest-Éclair, ancêtre d’Ouest-France, il demande pardon à ses parents de la peine qu’il va leur causer, mais étant assailli par les punaises, il ne peut supporter l’idée d’être dévoré vivant ».
La petite bête n’a peut-être jamais mangé la grosse mais elle l’a parfois poussée dans ses derniers retranchements. Pratiquement disparue, en France, entre les années 1950 et 1990, la punaise de lit a fait un retour remarqué dans l’actualité de ces derniers mois.
Avant cette « trêve » de quarante ans, chasser l’exaspérant parasite était une préoccupation quotidienne dont certains s’étaient fait une spécialité. À Rennes, au début du XXe siècle, par exemple, on trouvait ces « experts » aux abords du Palais du commerce, parmi les arracheurs de dents, les chanteurs ambulants et les fabricants de poudre à vers.
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Mais, il fallait le plus souvent se débrouiller seul, avec les moyens du bord et les risques qu’ils comportaient. Pour se débarrasser des punaises de lit, certains ont tout perdu.
Nous sommes au milieu du mois de septembre 1900, à Kervignac, dans le Morbihan. C’est là que vivent Jacques et Marie, 42 et 39 ans, et leurs cinq enfants. Les journées de travail à la ferme sont rudes. Et les nuits n’apportent aucun repos. Chaque soirée commence par le pénible rituel de la chasse aux punaises que l’on écrase de-ci de-là, sans que leur nombre paraisse diminuer. C’est à devenir dingue !
À bout de nerfs, Marie qui connaît les recettes du temps, sort le grand jeu et arrose le lit conjugal de pétrole. Sur ce, le couple part, bras dessus, bras dessous, pour le marché d’Hennebont.
De retour vers 17 h, la fermière file dans la chambre pour vérifier l’effet du produit. Comme la lumière du jour est insuffisante, elle allume une chandelle et l’approche d...
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