Visite dans les entrailles du Subway de Luc Besson

Première - 01/12
En 1984, Luc Besson fait du métro parisien un territoire cinématographique inédit. Alors que France 5 le rediffuse ce soir, retour dans les profondeurs pour voir si les fantômes du passé continuent de hanter les longs couloirs…

En 1984, Luc Besson fait du métro parisien un territoire cinématographique inédit. Alors que France 5 le rediffuse ce soir, retour dans les profondeurs pour voir si les fantômes du passé continuent de hanter les longs couloirs…

Il est 5 heures, Paris ne s’éveille pas encore. Le passage à l’heure d’été a déréglé les pendules et engourdi les esprits. Il fait encore nuit. Boulevard Voltaire, un rat file sur un bitume dépeuplé. Place de la Nation. Un trou béant. Des escaliers métalliques RATP. Sous terre, les vibrations des premières rames du métro transpercent un silence pesant. L’abondant éclairage abolit la frontière entre le jour et la nuit. Ici et là, des silhouettes étendues à même le sol sont recroquevillées dans des sacs de couchage. Sur les murs, les affiches publicitaires affichent des sourires vains. Quant aux usagers, peu nombreux, ils ont l’allure de pantins perdus dans un espace-temps qu’ils ne maîtrisent plus. Ici une jeune fille, cheveux blonds peroxydés, a le regard vague et la démarche incertaine. Elle saute pour frapper un panneau qui émet un bruit décevant. Elle poursuit sa route jusqu’à devenir un point minuscule dévoré par l’immense perspective d’un couloir aux couleurs défraichis.

Le plafond part en lambeaux et laisse pendre des « stalactites » comme les appellent cert...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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