Il n'est pas très difficile de comprendre ce qui attire les réalisateurs dans l'histoire de Napoléon Bonaparte, un homme sorti de l'ombre pour mobiliser d'innombrables soldats et du matériel à foison, afin de réaliser une vision prétendument impossible. L'un des premiers à s'y aventurer, en 1927, fut le Français Abel Gance qui produisit une épopée de cinq heures trente, restée l'étalon-or dans le domaine.
Plus tard, Stanley Kubrick s'est lancé dans la réalisation d'un biopic qui s'est avéré trop ambitieux et trop cher pour voir le jour, bien que Steven Spielberg ait récemment caressé l'idée d'en adapter les notes pour réaliser une mini-série sur sept heures. Et voilà que Ridley Scott s'est invité dans la danse avec un film de deux heures et demie pour le cinéma (une version longue d'au moins quatre heures est supposée être diffusée plus tard sur Apple TV+).
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Ridley Scott a voulu s'attaquer à la nature démesurée des épopées napoléoniennes en les réduisant à leur essence: les principales campagnes militaires, des batailles captivantes et, au cœur du film, la relation compliquée et passionnée entre Napoléon et Joséphine, sa première épouse.
Le problème, c'est qu'adapter l'histoire de Napoléon Ier n'est pas aussi simple que d'adapter celle de, disons, Jules César (un de ses modèles) –c'est-à-dire «maintenant, je vais envahir la Gaule, et après j'envahirai la Germanie, et ensuite Carthage». Parce que les hauts faits de Napoléon Ier s'inscrivaient dans le patchwork européen diablement complexe d'alliances toujours changeantes et renforcées par des mariages dynastiques (un arrangement qui restera en place jusqu'à ce que la Première Guerre mondiale le réduise en miettes). On comprend aisément pourquoi Ridley Scott a préféré dédier du temps d'écran à une charge de cav...
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