Après sept semaines de cauchemar, ce vendredi avait des allures de miracle. Vingt-quatre otages, aux mains du Hamas depuis l'offensive sanglante du 7 octobre, ont été libérés dans la soirée du 24 novembre dans le cadre d'un accord trouvé entre l'organisation islamiste et Israël. En contrepartie, 39 prisonniers palestiniens ont été remis au Hamas et la trêve dans la bande de Gaza a offert aux civils un moment de répit.
Libération de 24 otages. 13 Israéliens, dix Thaïlandais et un Philippin sont arrivés hier soir en Israël. Après avoir passé de premiers examens médicaux organisés par la Croix rouge à l'hôpital Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, ils ont pris la direction du terminal de Rafah, point de passage entre le territoire enclavé et l'Égypte voisine. Une première étape qui a démontré qu'il n'existait plus "de danger vital", selon Daniel Hagari, porte-parole de l'armée israélienne. Depuis l'Égypte, ils ont ensuite été transférés vers la base aérienne de Hatzirim, en Israël, puis vers des hôpitaux dans lesquels ils ont retrouvé leurs proches. Les premiers otages parmi les 50 qui doivent être relâchés, selon les termes de l'accord passé entre Israël et le Hamas.
"Soulagement" des familles. À Tel-Aviv, des visages souriants d'otages libérés ont été projetés dans la soirée sur la façade du musée d'Art, en l'honneur de cette libération, avec les mots : "Je suis de retour à la maison". Toutefois, le "soulagement" décrit par les familles n'est pas complet, chacun ayant une pensée pour les otages toujours prisonniers. "Il reste approximativement 215 otages dans Gaza", a déclaré le porte-parole de l'armée israélienne Doron Spielman. "Nous ne savons pas, dans de nombreux cas, s'ils sont morts ou vivants." De nouvelles libérations sont attendues ce samedi, au deuxième jour de la trêve. Les autorités israéliennes ont indiqué avoir reçu la liste, mais n'en a précisé ni le nombre ni l'heure prévue de leur libération.
Lire aussi
Qui sont les 13 otages israéliens libérés par le Hamas au premier jour de la trêve ?
Liesse en Cisjordanie. En échange de ces 24 otages, 39 prisonniers palestiniens ont été libérés. En Cisjordanie occupée, des scènes de liesse ont accompagné leur retour. Sous les slogans, au milieu des feux d'artifice, des drapeaux palestiniens et des différents mouvements islamistes, dont l'étendard vert du Hamas, ont été brandis. Les images montraient les détenus libérés embrassant leurs familles et pleurant dans les bras de parents émus. À Jérusalem-Est, occupée par Israël depuis 1967, toute célébration avait en revanche été strictement interdite.
Un répit pour Gaza. Avec le début de la trêve ce vendredi matin, les combats ont pris fin dans la bande de Gaza, bombardée sans répit depuis le 27 octobre par Israël, dont l'objectif est "d'éliminer" le Hamas. Près d'une heure après sa mise en place, des camions humanitaires ont pu entrer dans le petit territoire depuis l'Égypte. Les deux premiers camions, représentant des organisations égyptiennes, arboraient des banderoles sur lesquelles était écrit "Ensemble pour l'humanité". Sur un autre : "Pour nos frères de Gaza". En tout, quelque 137 camions d'aide humanitaire ont été déchargés dans le territoire soumis à un siège depuis cinq semaines, s'est félicité l'ONU. Une livraison qui constituait le "plus gros convoi humanitaire" depuis le début du conflit. Par ailleurs, 129.000 litres de carburant ont aussi pu passer la frontière vers Gaza, et 21 patients en situation critique ont été évacués du nord de l'enclave.
La guerre va "continuer". Dans ce territoire enclavé, le fracas de la guerre a été remplacé par le brouhaha des déplacés quittant en masse des hôpitaux et des écoles où ils avaient trouvé refuge pour "rentrer chez eux". Des images montraient hier des habitants tentant de quitter le sud de l'enclave pour rejoindre le nord, dont l'armée israélienne leur a demandé de rester à l'écart. Des tracts en arabe lancés depuis les airs par l'armée israélienne dans le sud de la bande de Gaza prévenaient les déplacés : "La guerre n'est pas encore finie".
Sur lemême thème