C'est l'épilogue du combat de sa vie. La dernière chance pour Eric Mouzin, père d'Estelle, de découvrir la vérité sur le meurtre de sa fille qui avait disparu à l'âge de 9 ans en revenant de l'école, le 9 janvier 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne. Pendant quinze ans, aucune piste sérieuse permettant d'élucider sa disparition n'est découverte avant que l'enquête se focalise en 2018 sur Michel Fourniret, tueur en série, déjà condamné à la perpétuité dans d'autres affaires.
Cela fait maintenant 20 ans que ce père placarde le visage de sa fille Estelle partout, sans jamais avoir pu retrouver son corps. Alors que Monique Olivier, femme de Michel Fourniret, comparaît, à partir de mardi 28 novembre, devant la Cour d'assises de Nanterre, Eric Mouzin témoigne dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article. "Ce qui est important au cours du procès, c’est de faire en sorte qu’Estelle ne soit pas que la petite fille de l’affiche orange, rappeler ce qu’est une enfant de 9 ans - en plus Estelle était particulièrement espiègle, dynamique -, la vie qu’elle représentait, qu’elle symbolisait", dit-il face à notre caméra.
Selon les aveux de Michel Fourniret et Monique Olivier, c'est dans leur maison qu'Estelle Mouzin a été séquestrée, violée et tuée. L'ADN de la fillette a été retrouvé sur un matelas dans un garage. D'où cette question encore sans réponse : quel a été précisément le rôle de Monique Olivier ? Éric Mouzin a tenté de le savoir, en l'interrogeant lui-même, pendant des opérations de fouilles. "J'ai eu le sentiment de rencontrer quelqu'un qui n'était pas dans mon monde", confie-t-il. "Elle est impénétrable. Plus ça va, plus je suis convaincu que Monique Olivier est impliquée dans l'organisation, la préparation, la séquestration et l'évacuation du corps d'Estelle. Elle n'est pas victime de son mari."
À partir du mardi 28 novembre, Monique Olivier sera seule dans le box, jugée pour deux autres affaires, dont la disparition de Joanna Parrish, une Anglaise de 20 ans, disparue en 1990. En 2012, l'équipe de TF1 avait rencontré ses parents qui avaient écrit à Monique Olivier, en vain. "J'étais juste une mère qui parlait à une autre femme qui, elle aussi, a eu des enfants", nous racontait alors Pauline Murrell, la mère de Joanna. "Je pensais qu'elle aurait la décence de répondre. Tous ces moments que nous n'avons pas vécus avec elle, toute cette vie qui lui a échappé... Notre fils a trois enfants, Joanna serait mariée aussi aujourd'hui..."
Des vies brisées et une quête de vérité : autant de liens avec la troisième famille au cœur de ce procès. Marie-Angèle Domece a disparu à Auxerre en 1988, à l'âge de 18 ans. Son corps n'a jamais été retrouvé et, selon leur avocate, sa famille attend toujours des réponses. "Ce qu'elle veut, c'est que Monique Olivier lui dise qu'elle a bien participé à la mort de Marie-Angèle, parce que ce sera quelque chose de concret", assure Me Corinne Herrmann, avocate de la famille de Marie-Angèle Domece. Une quête d'autant plus importante que Claude Domèce, le père de Marie-Angèle, est décédé le week-end dernier. Toute sa vie, il s'est battu pour connaître la vérité et retrouver le corps de sa fille, vraisemblablement enlevée et tuée par Michel Fourniret, avec la complicité de Monique Olivier.
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L'avocat de Monique Olivier, Me Richard Delgenes, assure que sa cliente est prête à collaborer au procès : "Elle a des regrets que je pense sincères", dit-il dans le sujet de TF1. "Quand vous êtes condamnée à la prison à vie et que vous dites des choses que personne ne sait, uniquement parce que vous voulez participer aux enquêtes, ça n'aurait pas d'intérêt s'il n'y avait pas de véritables regrets ou une prise de conscience."
Monique Olivier purge actuellement une peine de prison à perpétuité pour sept autres meurtres d'enfants.
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