Écrivain français : Albert Camus nommé terroriste

MSN - 24/11
En 1957, l'écrivain français Albert Camus reçoit le prix Nobel de littérature. Dans son discours de remise des prix, il évoque la guerre d'Algérie. Sa réponse au terrorisme arrive à point nommé. Un article d'invité.

Le journal d’Albert Camus du 17 octobre 1957 a été largement cité : « Prix Nobel. Étrange sentiment de dépression et de mélancolie. A 20 ans, pauvre et nu, j'ai connu la vraie gloire. » Deux jours plus tard, Camus note : « Effrayé par ce qui m'arrivait et par ce que je ne demandais pas. Et pour couronner le tout, des attaques si vicieuses que j’en ai le cœur serré.

À l'agitation obligatoire des éditions Gallimard et à la cérémonie à Stockholm, Camus fait belle figure dans un frac emprunté. Le discours du prix Nobel est considéré par les augures parisiens comme une performance décente. Camus y parle plutôt indirectement du drame algérien qui dure depuis trois ans et qui menace de déchirer son pays natal. « Chaque génération croit probablement qu’elle est destinée à refaire le monde ; ma génération sait qu'elle ne le refairea pas. Votre tâche est plus grande. Il s’agit d’empêcher le monde de s’effondrer.

On s’attend à ce qu’un nouveau prix Nobel fasse des déclarations fortes sur le présent, mais sa déclaration provoque involontairement un scandale. « Le Monde » dénature l'échange avec un étudiant arabe après la remise des prix en titrant : « Entre ma mère et la justice je choisis ma mère », ce qui voudrait dire : ma famille est au-dessus de la justice. Camu...
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