Tout ce que la médecine doit aux sciences arabes

National Geographic - 23/11
L’essor de l’islam au 7e siècle donna lieu à un âge d’or de la découverte scientifique. En s’appuyant sur les lumières de civilisations passées, les médecins musulmans repoussèrent les limites de la science médicale vers de nouveaux horizons.

En 958, Sanche Ier, souverain du royaume de León, province du nord de l’Espagne, fut renversé par des rebelles issus de la noblesse. Leur raison pour cela, même dans le contexte politique tumultueux de l’époque, était insolite : le roi était incapable de remplir ses devoirs royaux avec dignité, car il était trop gros.

Les proches de Sanche agirent rapidement afin de le rétablir sur le trône. Comme un témoin des vifs échanges d’idées et d’actes de loyauté dans l’Espagne multiculturelle du Moyen-Âge, sa grand-mère, la reine Toda Aznárez, du royaume chrétien de Navarre, alla quérir l’aide d’un autre royaume espagnol, du sud du pays cette fois : le Califat omeyyade de Cordoue. La reine adressa à Abd al-Rahman III, calife de Cordoue, deux demandes audacieuses : qu’il l’aide à trouver un remède à l’obésité morbide de son petit-fils et qu’il lui fournisse un appui militaire pour reprendre possession du trône.

Le calife délégua l’exécution de la première tâche à Hasdaï ibn Shaprut, son médecin juif, qui imposa une diète stricte au roi léonais. Lorsque Sanche eut maigri suffisamment pour pouvoir monter à cheval, il reprit sa couronne perdue avec l’aide de troupes musulmanes.

Lors du bas Moyen Âge, en terres d’islam, les médecins jouissaient d’un respect extraordinaire et leur réputation était tout à fait méritée ; les sociétés musulmanes organisaient l’étude et la pratique de la médecine sur l’ensemble de leur immense territoire, qui s’étendait du sud de l’Espagne à l’Iran.

 

LES PRÉMICES

Avant que le message du prophète Mohammed ne se répande au-delà de la péninsule arabique, la médecine se pratiquait selon les paroles du fondateur de l’islam : « Soignez-vous, car Allah n’a pas déposé une maladie sans avoir déposé en même temps son remède, à l’exception d’une seule : la vieillesse. »

La médecine arabe primitive s’inspira de pratiques traditionnelles de la région qui, pour certaines, remontaient au 3e millénaire avant notre ère et trouvaient leurs origines en Mésopotamie et à Babylone. Certains remèdes naturels traditionnels, comme le miel et l’huile d’olive, et certains remèdes artisanaux, comme les ventouses (hijama), sont encore utilisés de nos jours dans de nombreux pays musulmans, et ailleurs, pour traiter des affections en tous genres.

Alambic marocain en cuivr...
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