Le Dr Pavlos Pavlidis s'appuie sur sa chaise et tire une cigarette dans son bureau de la morgue de l'hôpital universitaire d'Alexandroupolis. Pavlidis a été témoin de nombreuses horreurs au cours des deux décennies où il a été coroner à Evros, une région du nord-est de la Grèce située sur une route migratoire très fréquentée.
Mais même pour lui, il a été difficile de contempler les restes calcinés des personnes prises dans les incendies de forêt cet été.
Sur son écran apparaissent des photos des corps des migrants retrouvés près du village d'Avas le 22 août. Dans l’une d’entre elles, on voit un petit groupe regroupé.
"Ils ont vu le feu arriver, ils savaient qu'ils allaient mourir et ils se sont instinctivement serrés dans leurs bras", raconte Pavlidis, en présentant ses effets personnels trouvés sur les lieux, une bague et une montre. Parmi les personnes identifiées se trouvaient deux enfants âgés de 14 à 15 ans.
Une montre et une bague trouvées sur la dépouille d’une des victimes de l’incendie. Photographie : Alexandros Avramidis/The GuardianLes incendies d'Evros, les plus importants jamais enregistrés dans l'UE, ont fait rage pendant plus de quinze jours et détruit 96 600 hectares (239 000 acres) de forêts, dont un parc national. Les victimes auraient traversé le fleuve Evros, à la frontière entre la Grèce et la Turquie, pour demander l...
[Courte citation de 8% de l'article original]