À Bourj el-Brajné, la vie à l’heure de Gaza

LOrientLeJour - 22/11
Une trentaine d’enfants âgés de 3 à 6 ans, surexcités et rieurs, vêtus de leur petit uniforme bleu, répètent après les maîtresses Rawan et Roula : « Palestine arabe, arabe », « Palestine à nous, à...

Une trentaine d’enfants âgés de 3 à 6 ans, surexcités et rieurs, vêtus de leur petit uniforme bleu, répètent après les maîtresses Rawan et Roula : « Palestine arabe, arabe », « Palestine à nous, à nous », « Sionistes, partez, partez ». S’ensuit une interprétation joyeuse et chaotique de Ma patrie, le poème du Palestinien Ibrahim Touqan. Puis Rawan leur demande ce qu’il se passe à Gaza. Une fille aux grands yeux noirs se lève. « Ils tuent les enfants ! » Quoi d’autre ? « Ils cassent les jouets… » Le sérieux qui se lit sur son visage en dit bien plus long que ses mots d’enfant.

En ce vendredi 17 novembre, au premier étage de l’école maternelle Fleur bleue, comme partout ailleurs dans le camp de réfugiés palestiniens de Bourj el-Brajné, le plus peuplé de la région de Beyrouth avec plus de 20 000 habitants, personne n’est insensible au destin des Gazaouis. Conversations ou silences, rires ou larmes, chacun réagit comme il peut, mais tous suivent avec une acuité singulière la contre-offensive israélienne à Gaza qui a déjà fait plus de 13 300 morts selon les autorités locales gérées par le Hamas. Pendant deux jours, nous avons tendu l’oreille aux réactions de ces déracinés face au dernier épisode tragique d’un conflit qui, leurs existences suffisent à le rappeler, n’a pas démarré le 7 octobre dernier.

Les enf...
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