Depuis plus de 60 ans qu’ils fouillent la nécropole d’Abousir, en Égypte, les archéologues de l’université Charles de Prague (Tchéquie) ont l’habitude de mettre au jour les tombeaux majestueux de l'ancienne élite de la Basse Époque. Mais au printemps 2023, ils ont eu la surprise de découvrir la tombe d’un personnage encore inconnu, ayant vécu sous la XXVIIe dynastie (6e-5e siècle avant notre ère) : le scribe royal Djehutyemhat, qui a fait graver sur les murs de sa dernière demeure une multitude de textes destinés à le protéger des morsures de serpents.
Ce décor original – puisque c’est la première fois que les chercheurs trouvent autant d’invocations aux serpents dans un contexte funéraire de l’ancienne Égypte –, trahit l’une des grandes craintes de l’époque, car les espèces venimeuses étaient alors plus nombreuses qu’aujourd’hui.
Abousir se situe à quelques kilomètres au sud du Caire, entre Saqqarah (au sud) et Gizeh (au nord). C’est le pharaon Sahourê qui a le premier choisi cet emplacement pour faire ériger sa pyramide. Le site abrite ainsi les monuments funéraires de plusieurs rois et hauts personnages de la Ve dynastie, mais aussi, plus au sud, une nécropole datant de la Basse Époque : le cimetière saïte-perse.
Entre le 6e et le 5e siècle avant notre ère, les hauts dignitaires et les commandants militaires des XXVIe et XXVIIe dynasties – deux lignées respectivement originaires de la ville de Saïs, dans le delta du Nil, et de Perse (1e dynastie achéménide) – ont en effet réinvesti le lieu. "En fait, ce cimetière est une continuation de la grande nécropole de Saqqarah au nord, explique à Sciences et Avenir Ladislav Bareš, égyptologue à l'université Charles de Prague. Il se trouve dans la p...
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