Une qualification validée, un turn-over respecté et deux buts inscrits. La soirée de l'équipe de France, mardi 21 novembre, achevée par un nul (2-2) face à la Grèce, a pourtant un arrière-gout amer, ce matin. Et pour cause : les Bleus ont manqué le Grand Chelem d'une victoire, après sept rencontres remportées, alors même que leur dernier but, inscrit par Kingsley Coman dans les dernières minutes, a été refusé par l’arbitre allemand Daniel Siebert.
À y regarder attentivement, le ballon semble bien avoir franchi la ligne. Ce qu'aurait pu valider, ou non, la "goal-line technology", déployée en football pour les grandes rencontres. Alors, pourquoi le dispositif n'était-il pas en place à l’Opap Arena ?
"Ça coûte cher", a rapidement avancé Didier Deschamps après la rencontre, au micro de TF1. Mais combien exactement ? Dans un article datant de 2020, la RTBF évoquait un montant d'installation "autour de 300.000 euros, auxquels il faut ajouter 60.000 euros de frais de fonctionnement annuels."
La raison est-elle donc à chercher de ce côté ? Pas nécessairement. Ou pas entièrement, du moins. Car l’Opap Arena est le stade de l’AEK Athènes, engagé en Ligue Europa. Une compétition où la "goal-line technology" est obligatoire, et donc déjà installée dans l'enceinte.
Pour autant, comme le rappelle RMC, l'usage du dispositif n’est pas imposé lors des qualifications à l'Euro. Pour qu'il soit mis en place, il faut donc que l’association organisatrice du match "obtienne l'accord de l’équipe visiteuse et l’approbation de l’UEFA par l’intermédiaire de la procédure officielle d’approbation de la TLB (technologie sur la ligne de but) communiquée par l’UEFA". Ensuite, "l’association organisatrice signe un contrat directement avec le fournisseur approuvé de la TLB et assume tous les frais en découlant. La procédure complète d’approbation et de conclusion doit être finalisée au moins 30 jours avant la date du match."
Dès lors, plusieurs hypothèses sont envisageables, la plus probable étant que la Fédération hellénique de football n'ait pas souhaité engager les frais inhérents au déploiement de la "goal-line technology".
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Une éventualité évoquée mardi soir par Didier Deschamps, donc, un brin agacé : "Ce que je regrette, c’est qu’on est au niveau international et il aurait pu y avoir une qualification en jeu, et avoir un terrain où il n’y a pas la goal-line… Pourquoi il n’y avait pas la technologie ? Parce qu’il n’y avait pas, voilà. Ça coûte cher… C’est incohérent par rapport aux exigences du haut niveau. Les arbitres, eux, subissent. L’arbitre VAR est sûr à 99% qu’elle est dedans, mais pas à 100% parce que c’est une image extérieure, elle n’est pas complètement sur la ligne… Ça n’a pas d’incidence si ce n’est que c’était un match gagné de plus, on aurait fait carton plein et on aurait été sûrs d’être premiers au classement Fifa."
Des propos qui rejoignent ceux d'un autre poids lourd des Bleus. Lui aussi échaudé par la situation, Antoine Griezmann a réagi après la rencontre : "Il a manqué la goal-line technology, non ? (rires). L’UEFA a beaucoup d’argent mais ils n’arrivent pas à mettre tout au point pour qu’on sache s’il y a eu but ou non. Il faut demander un peu plus de leur part s’ils veulent qu’on joue toujours plus de matchs."
À l'heure où nous écrivons ces lignes, ni l'UEFA ni la Fédération hellénique de football n'avaient communiqué sur l'absence de "goal-line technology" à l’Opap Arena, mardi soir. Les Bleus, eux, peuvent se rassurer : le dispositif sera obligatoirement déployé lors de la phase finale de la compétition en Allemagne, du 14 juin au 14 juillet.
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