« Le langage de l’exil », par Kéthévane Davrichewy

<a href="https://www.nouvelobs.com/journalistes/1346/kethevane-davrichewy.html">Kéthévane Davrichewy</a> (romancière) - Le Nouvel Obs - 21/11
La romancière Kéthévane Davrichewy participe au festival Un week-end à l’Est, qui met à l’honneur, en partenariat avec « l’Obs », la ville de Tbilissi, du 22 au 27 novembre à Paris. Pour l’occasion, elle nous a fait parvenir ce texte sur la transmission du déracinement de génération en génération.

Je n’ai pas vécu l’exil dans ma chair, je n’ai pas éprouvé le déracinement. Mais l’exil a cheminé en moi. Il m’a été transmis par mes grands-parents. Il m’a constitué jusqu’à devenir un sujet d’écriture et une question d’identité : suis-je vraiment d’ici ou un peu d’ailleurs ?

La littérature géorgienne mise à l’honneur à Paris

Je suis de la troisième génération, l’exil est lointain, et pourtant, enfant, jeune fille, je ressentais cette distance, cette impression d’étrangeté souvent éprouvée par les émigrés. L’exil de mes grands-parents était politique, ils ont fui par la mer, ont pris un bateau pour Constantinople où ils ont fait escale quelque temps avant de s’installer à Paris. A Leuville-sur-Orge, pas loin de la capitale, la communauté géorgienne – pour la plupart membres du gouvernement indépendant géorgien menchevik, chassé par les bolcheviks, a r...
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