Plus gros objet artificiel en orbite terrestre, avec 110 mètres de longueur et une masse de 400 tonnes, la Station spatiale internationale, ou ISS, s'est construite petit à petit. Le premier élément de ce Meccano géant, le module russe Zarya, a été lancé par une fusée russe Proton le 20 novembre 1998, 14 ans après la décision de la Nasa de lancer le projet. À L'occasion de ce 25e anniversaire, nous vous proposons de revivre cette formidable aventure humaine, technologique et politique. 

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    Article mis à jour chaque fin d'année

    Le projet d'une station spatiale internationale est initié en janvier 1984, insufflé par un discours volontariste du président Ronald Reagan. La Nasa s'attaque au développement d'une station spatiale dans un cadre international. Son coût est alors estimé à 8 milliards de dollars. Au final, les révisions successives du projet ont entraîné de nombreux retards et porté le coût total à 12 fois le budget initialement prévu. Mais à défaut d'être une réussite scientifique, la Station est avant tout un succès politique et technologique sans précédent. En effet, politiquement, ce projet initié pendant la guerre froide a permis aux États-Unis de ravir aux Russes la première place dans le domaine de l'exploitation de l'orbite basse terrestre. Techniquement, c'est également un exemple unique et réussi d'une coopération internationale qui a permis le rapprochement de méthodes de travail et de normes très différentes.

    En janvier 1985, l'Agence spatiale européenneAgence spatiale européenne (ESA) s'associe au plan, suivie par le Canada en avril et le Japon en mai de la même année. Le projet est alors évalué à 10,9 milliards de dollars. Mais le 28 janvier 1986, la navette Challenger explose en vol, ce qui entraînera un retard considérable de tous les projets de la Nasa et une refonte complète du programme spatial.

    En 1987, diverses études successives menées par la Nasa et le Conseil de la recherche américain, rehaussent l'estimation du coût du projet à quelque 24,5 milliards de dollars. Le 16 juillet 1988, le président Reagan baptise la station Freedom (Liberté).

    Portrait de famille de l'ISS, une image historique montrant ses vaisseaux d'accès (sauf le HTV japonais). © Nasa

    La Russie est invitée à bord

    En 1993, l'administration Clinton invite la Russie à rejoindre les autres participants. La Nasa révise entièrement le projet en suivant un concept dérivé des plans de Freedom et de la station russe MirMir 2 qui devait succéder à Mir. Le projet est rebaptisé Alpha. En février, Bill Clinton exige de la Nasa que le coût de la station soit divisé par deux et l'Agence spatiale américaine propose une nouvelle conception. Dès 1993, les Américains estiment nécessaire de profiter de la longue expérience de la Russie dans le domaine des longs séjours spatiaux, dans le but d'éviter de reproduire certaines erreurs stratégiques ou technologiques susceptibles de provoquer de lourdes dépenses inutiles. Ainsi, le 6 décembre, la Nasa et la Roscosmos marquent leur accord pour dix vols de navettes vers Mir et neuf seront effectivement réalisés.

    Nous sommes en juin 1995. Le coût est maintenant estimé à 93,9 milliards de dollars, dont 50,5 milliards de dollars pour les seuls vols de navettes.

    En 1997, c'est au tour du Brésil de rejoindre le programme. L'arrivée de la Russie a impliqué une refonte totale de l'organisation logistique de la Station. Dans la foulée, le nom de Alpha, qui ne plaît pas aux Russes car ils estiment que ce sont eux qui ont créé la véritable première station orbitale, est abandonné. La Station s'appellera International Space Station, soit ISS, pour Station spatiale internationale, tout simplement.

    1998 sera l'année du lancement des premiers modules russes et américains. Le 20 novembre un Proton lance Zarya, le premier module de la Station. Construit par la Russie mais financé par les États-Unis, ce module autonome prend en charge l'alimentation électrique, la régulation thermique, ainsi que la navigation, la propulsion et les télécommunications de la Station. En décembre, la navette EndeavourEndeavour et son équipage (STS-88) amarrent à Zarya le nœudnœud de jonction numéro 1 (Unity), le premier élément américain de la Station.

    Zarya et Unity (à droite), les deux premiers modules de la Station spatiale lancés en 1998. © Nasa

    En 2008, premie...
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