Italo Balbo à Montréal, ou le sourire du fasciste

Martin Pâquet - Le Devoir - 18/11
En 1933, la conquête mussolinienne n’est pas seulement celle de l’air, mais aussi celle des esprits.

Une fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés d’histoire le défi de décrypter un thème d’actualité à partir d’une comparaison avec un événement ou un personnage historique.

Le 1er juillet 1933, une escadrille de 25 hydravions décolle d’Orbetello, en Italie, à destination de l’Exposition universelle de Chicago. Dirigée par le ministre de l’Air du gouvernement fasciste, le général Italo Balbo, elle traverse l’Atlantique en plusieurs étapes. Les aviateurs transitent à Longueuil le 14 juillet, où plus de 50 000 personnes les accueillent. Le lendemain, après avoir rencontré des dignitaires et nombre d’Italo-Canadiens à Montréal, Italo Balbo repart pour la métropole américaine.

L’expédition de Balbo est représentative des stratégies de propagande dans un monde de communication constante entre les détenteurs de l’autorité et l’ensemble des citoyens. La conquête n’est pas seulement celle de l’air : elle devient celle des esprits.

Pour capter un public invité à participer au spectacle, elle mobilise des symboles exaltant la supériorité et valorisant la domination : celles de la technologie sur l’espace et le temps, celles du leader viril et résolu sur les masses, celles du régime fasciste sur les démocraties parlementaires. Cette stratégie de conquête rencontre néanmoins des r...
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