Nous l’écrivions encore en octobre : en France, des femmes qui viennent juste d’accoucher se retrouvent à la rue, faute d’hébergement d’urgence, leur situation n’étant pas jugée « prioritaire » par le 115, les services de l’Etat qui attribuent des places aux personnes sans-abri. C’est pour éviter le pire que des maternités du nord-est francilien se mobilisent, gardant ces femmes et leur bébé pendant des dizaines de jours, une situation « ingérable » dénoncée par les soignants.
« Notre maternité s’est transformée, au fil des semaines, en centre d’hébergement d’urgence. Les patientes sans domicile fixe ont occupé des lits de suites de couches et de grossesses à hauts risques, non par nécessité de soins, mais parce qu’aucune solution d’hébergement ne leur a été proposée par l’État, le département ou la ville » écrivaient fin octobre des sages-femmes de la maternité de l’hôpital Delafontaine à Saint-Denis dans un courrier au ministère de la Santé.