Islande : le trafic aérien sera-t-il aussi perturbé qu'en 2010 en cas d'éruption volcanique ?

LCI - 16/11
[VIDÉO] - Des spécialistes craignent le réveil imminent d'un volcan en Islande. En 2010, l'éruption d'un autre volcan islandais a entraîné l'annulation de plus de 100.000 vols. Interrogée par TF1info, la spécialiste Cathy Clerbaux explique qu'avec les volcans, il est impossible de savoir "à l'avance ce qui va se passer".

Des spécialistes craignent le réveil imminent d'un volcan en Islande.
En 2010, l'éruption d'un autre volcan islandais a entraîné l'annulation de plus de 100.000 vols.
Interrogée par TF1info, la spécialiste Cathy Clerbaux explique qu'avec les volcans, il est impossible de savoir "à l'avance ce qui va se passer".

Des centaines de séismes enregistrés, des routes fissurées, une ville évacuée... L'Islande pourrait être prochainement secouée par une nouvelle éruption volcanique. Mais le moment où le volcan Fagradalsfjall, situé au sud-ouest de l’île, pourrait se réveiller et l'ampleur de ses dégâts sont impossibles à prévoir. 

Or, nombreux sont ceux à se souvenir de l'éruption de l'Eyjafjöll en 2010, qui avait entraîné l'annulation de quelque 100.000 vols. 13 ans plus tard, un scénario similaire pourrait-il se reproduire ? "Avec les volcans on peut tout craindre parce qu'on ne sait jamais ce qui va se passer", prévient Cathy Clerbaux, directrice de recherche au CNRS, auprès de TF1info. 

Eviter les panaches de cendres et de fumées

Si le volcan entre en éruption, cela pourrait, comme en 2010, donner lieu à un "panache de cendres et de fumées", et donc perturber le trafic aérien. C'est le déplacement de ce nuage de cendres qu'il faudrait alors observer, grâce aux satellites, pour indiquer à l'aviation civile dans quelle zone il n'est pas recommandé de voler. 

"Les cendres viennent se coller aux hélices des moteurs des avions et ça les empêche de tourner", explique la chercheuse. "Depuis 15 ou 20 ans, on recommande vraiment aux avions de ne pas passer dans ces panaches de cendres parce qu'il y a eu plusieurs presque accidents, c'est-à-dire que les moteurs se sont arrêtés mais les avions ont réussi à ne pas se crasher."

"Les quatre moteurs se sont arrêtés un à un"

Cathy Clerbaux évoque notamment le cas d'un vol reliant Londres à Auckland, en Nouvelle-Zélande, qui a échappé de peu à un crash en 1982. L'avion de la compagnie British Airways s'est retrouvé à l'intérieur d'un nuage de cendres volcaniques liées à l'éruption du volcan Galunggung en Indonésie. "Les quatre moteurs se sont arrêtés un à un et le pilote n'a pas compris ce qui s'est passé parce qu'il n'a pas vraiment vu qu'il passait dans un panache d'éruption volcanique, il y avait de la fumée dans le cockpit et il n'a pas compris ce que c'était", raconte Cathy Clerbaux. 

L'avion a alors été dérouté vers Jakarta, avec l'espoir qu'il arrive à atterrir. En descendant, "la densité de l'air était plus grande, et il est sorti du panache, ça a nettoyé les moteurs et ils ont repris un à un, ça s'est rallumé juste avant qu'il atterrisse", poursuit la chercheuse. Après deux incidents similaires, l'aviation civile a renforcé la surveillance des panaches de fumées. "A priori il n'y a plus d'avion qui passent dans des fumées", estime-t-elle. 

Tous les cas de figure possibles

Au-delà de la surveillance des panaches de fumées, il est toujours impossible de savoir précisément à l'avance quand un volcan va entrer en éruption. La présence de cendres et de dioxyde de soufre dans l'air et l'enregistrement de tremblements de terre sont des indicateurs mais "il y a des volcans où il n'y a aucune alerte de rien du tout, ça explose d'un coup", assure Cathy Clerbaux. "Ca dépend, il y a tous les cas de figure et il n'y a pas deux volcans similaires. C'est toujours surprenant pour nous car on ne sait jamais à l'avance ce qui va se passer". 

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Elle souligne tout de même l'évolution des moyens d'observation depuis 2010, qui pourront permettre des indications plus précises sur les zones aériennes à éviter en cas de réveil du volcan islandais. "On pourra peut-être faire des interdictions sur des zones qui seront plus limitées que ce qu'on a fait, parce que quand on a étudié a posteriori la situation de 2010, on s'est dit qu'il y a quand même des endroits où les avions auraient pu passer".

Emilie ROUSSEY

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