Sommet États-Unis - Chine : Taïwan, fentanyl... Ce que Joe Biden et Xi Jinping se sont dit à San Francisco

LCI - 16/11
[VIDÉO] - Joe Biden et Xi Jinping ont rétabli mercredi un dialogue resté en souffrance pendant un an. Le sommet de quatre heures a été "constructif et productif", selon le président américain, mais il a aussi été l'occasion d'acter leurs différends. Voici quelques-unes de leurs déclarations marquantes.

Joe Biden et Xi Jinping ont rétabli mercredi un dialogue resté en souffrance pendant un an.
Le sommet de quatre heures a été "constructif et productif", selon le président américain, mais il a aussi été l'occasion d'acter leurs différends.
Voici quelques-unes de leurs déclarations marquantes.

Le président chinois Xi Jinping et son homologue américain Joe Biden ont renoué le dialogue pendant plusieurs heures, mercredi 15 novembre, dans une résidence cossue à une quarantaine de kilomètres de San Francisco. Le sommet de quatre heures a été "constructif et productif", selon Joe Biden, le démocrate de 80 ans ayant assuré que les deux hommes pourraient décrocher leur téléphone et se parler "directement et immédiatement" en cas de crise. 

La rencontre va ainsi déboucher sur une reprise des communications militaires de haut niveau, suspendues depuis plus d'un an, ont fait savoir les deux superpuissances. Mais la réunion, destinée à donner une impression de sérénité retrouvée, n'a évidemment résolu aucun différend de fond. Voici quelques-unes des déclarations marquantes à retenir.

Acrobatie de Biden

Le président américain a notamment dit en conclusion d'une conférence de presse, qu'il considérait toujours son homologue chinois comme un "dictateur", reprenant une expression qui a suscité la colère de Pékin dans le passé. "Eh bien, il l'est", a répondu ce dernier à un journaliste lui demandant s'il qualifierait encore son homologue chinois ainsi au risque de mettre à la poubelle des semaines de préparation du sommet. 

"C'est un dictateur dans le sens où voilà un homme qui dirige un pays, un pays communiste, qui repose sur une forme de gouvernement totalement différente de la nôtre", a-t-il précisé, tentant de se rattraper. 

Longue relation

"Nous nous connaissons depuis longtemps", a rappelé Joe Biden, qui a pu rencontrer M. Xi à maintes reprises quand tous deux étaient vice-présidents de leurs pays respectifs. "Nous n'avons pas toujours été d'accord, ce qui n'est pas une surprise, mais nos rencontres ont toujours été franches, directes et utiles". 

"Lui et moi sommes convenus que chacun d'entre nous pouvait décrocher son téléphone, appeler directement et qu'il serait entendu immédiatement", a affirmé Joe Biden, indiquant que la communication entre Pékin et Washington allait devenir meilleure après des années compliquées. 

Taïwan

"La planète est assez grande pour que nos deux pays prospèrent", a estimé Xi Jinping, signifiant qu'il y avait assez de place pour deux malgré la concurrence croissante entre la Chine et les États-Unis.

Washington attend toutefois de la Chine, proche partenaire de l'Iran et de la Russie, qu'elle n'envenime pas les grandes crises internationales : le conflit entre Israël et le Hamas ainsi que la guerre en Ukraine. "La Chine ne recherche pas de sphères d'influence, et ne livrera ni guerre chaude ni guerre froide à quelque pays que ce soit" a pour sa part assuré Xi Jinping. Il a cependant aussi fait savoir à Joe Biden que les sanctions économiques américaines nuisent "aux intérêts légitimes" de la Chine, selon un média d'État.

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Xi Jinping, confronté à une situation économique et sociale dégradée en Chine, ne veut toutefois pas paraître affaibli, en particulier à propos de Taïwan. Le statut de l'île, dont Pékin revendique la souveraineté, et où se déroulera bientôt une élection présidentielle, reste un sujet de friction central.

Joe Biden a demandé à Xi de "respecter le processus électoral" et confirmé la ligne volontairement ambiguë des États-Unis : pas de soutien à l'indépendance, mais refus d'une prise de contrôle par la force. Le président chinois a de son côté exhorté son homologue à "cesser d'armer Taïwan", puisque la réunification est selon lui "inévitable", a indiqué une source de la diplomatie chinoise.

Crise du fentanyl

Le président Xi a accepté de prendre, selon les Américains, "un certain nombre de mesures conséquentes pour réduire considérablement les approvisionnements" en composants du fentanyl. Ce puissant opiacé de synthèse produit avec des composés chimiques venus notamment de Chine cause des dizaines de milliers d'overdoses chaque année aux États-Unis.

L'annonce est bienvenue pour Joe Biden, en campagne pour un second mandat.

"C'est son anniversaire ?"

Enfin, Washington et Pékin ont aussi décidé de mobiliser un groupe d'experts pour discuter des risques liés à l'intelligence artificielle.

Sur le plan personnel, Joe Biden a demandé à Xi Jinping de transmettre ses vœux d'anniversaire à Peng Liyuan, épouse du président chinois depuis plus de trente ans. Le dirigeant américain fêtera ses 81 ans le 20 novembre, le même jour que Mme Peng, une soprano renommée qui célébrera, elle, ses 61 ans. Selon un représentant américain, Xi Jinping, un brin gêné, a avoué que cette date lui était sortie de la tête à cause du travail...
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