Procès d’Éric Dupond-Moretti : les cinq temps forts de l’audience avant le réquisitoire ce mercredi

Ouest France - 14/11
Le garde des Sceaux comparaît depuis le 6 novembre 2023 devant la Cour de justice de la République pour des soupçons de prise illégale d’intérêts. Accusé d’avoir profité de sa fonction pour régler des comptes avec quatre magistrats à qui il s’était opposé quand il était avocat. Le ministère public doit prendre ses réquisitions ce mercredi. Retour sur les temps forts d’une audience historique.

La parole est donnée au ministère public ce mercredi 15 novembre au procès d’Éric Dupond-Moretti, jugé pour prise illégale d’intérêts. Au terme de sept journées denses de débats, le procès inédit d’un ministre en exercice devant la Cour de justice de la République entre donc dans sa dernière ligne droite.

Le garde des Sceaux, âgé de 62 ans, est soupçonné d’avoir profité de sa position pour régler des comptes avec des magistrats avec lesquels il avait eu des démêlés lorsqu’il était avocat. Ayant ordonné deux enquêtes administratives à visée prédisciplinaire contre trois magistrats du parquet national financier (PNF) et un ex-juge d’instruction détaché à Monaco.

Des accusations que le garde des Sceaux conteste pied à pied. Longtemps surnommé « l’ogre des assises », l’ex-avocat a vite retrouvé ses marques dans la salle d’audience, où il est apparu tour à tour bouillonnant, dépité, grognant dans le dos des témoins à la barre, alpaguant le procureur général… Martelant sans cesse avoir seulement « suivi les recommandations de son administration » et réfutant toute idée de « vengeance ».

Il encourt jusqu’à cinq ans de prison et 500 000 € d’amende, ainsi qu’une peine complémentaire d’inéligibilité et d’interdiction d’exercer une fonction publique. S’il est condamné, le garde des Sceaux devra aussi quitter le gouvernement, selon la règle rappelée par Élisabeth Borne, en octobre.

1. Procès « inédit » pour l’accusation, « infamie » pour le prévenu

Le procès s’est ouvert le lundi 6 novembre. L’air grave, le pas lent avec une pochette sous le bras, Éric Dupond-Moretti est arrivé avec ses avocats, Me Jacqueline Laffont et Me Rémi Lorrain, dans la première chambre de la cour d’appel de Paris. Attendant debout l’entrée des trois magistrats et douze parlementaires – de tous bords politiques – qui composent la formation de jugement de la Cour de justice de la République. Elle est présidée par Dominique Pauthe qui, après son rapport, a vite donné la parole au prévenu pour une déclaration liminaire.

Éric Dupond-Moretti a qualifié d’emblée ce procès d’ « infamie » pour lui et pour ses « proches ». Parlé d’une « épreuve » Mais dit aussi « son soulagement. Parce que je suis venu me défendre », a ajouté le garde des Sceaux. Il a expliqué ne pas l’avoir fait avant pour que son « ministère » et son « action » ne soient « pas éclaboussés ». Entendant désormais se « défendre dignement » mais « fermement ».

Après lui, le procureur de la Cour de cassation, Rémy ...
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