Quand Michel Ciment (1938-2023) nous parlait de Joseph Losey

Première - 14/11
Cette figure de la critique française et internationale est morte à l’âge de 85 ans. Nous lui rendons hommage en republiant notre dernier entretien avec lui.

Cette figure de la critique française et internationale est morte à l’âge de 85 ans. Nous lui rendons hommage en republiant notre dernier entretien avec lui.

Historien, homme de radio, critique, professeur, Michel Ciment, figure totémique de la cinéphilie française et internationale (certains s’amusaient à le baptiser Michael Concrete) est mort à l’âge de 85 ans. Pour « le métier » c’est un séisme tant sa parole et sa plume continuaient d’être des boussoles. Nous l’interviewions pour la dernière fois il y a deux ans pour évoquer le cinéma de l’américain Joseph Losey. La rencontre s’était faite entre deux projections de presse, où tel l’enfant des ciné-clubs qu’il n’a jamais cessé d’être, l’indéboulonnable directeur de la publication de la revue Positif, continuait de s’enthousiasmer pour tel ou tel film. L’homme qui a reçu jadis les confidences des grands de notre monde (Elia Kazan, Stanley Kubrick, Francesco Rosi…), aurait pu jouer les blasés. Non, la flamme était toujours-là, intacte.

Lors de cette après-midi de novembre, sur le trottoir de la rue Marbeuf, il communiquait son emballement pour le nouveau film de Laurent Cantet. Nous n’étions pas là pour ça mais puisque qu’avec cet esprit généreux, le passé savait rencontrer le présent, pour mieux l’éclairer, nous l’écoutions. Le messager (The Go-Between), Palme d’or 1971, refaisait alors surface après des années de purgatoire dues à de sombres histoires de droits et une grande rétrospective de Joseph Losey investissait la Cinémathèque française. Le Losey-Ciment, comparable au fameux Hitchcock-Truffaut, ce sont des heures d’entretien...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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