Il est surnommé "God of War", littéralement le "Dieu de la Guerre". Un nom de scène qu'il doit plus à sa nature de soldat qu'à une métaphore avec Kratos, le héros du jeu vidéo éponyme. Samedi 11 novembre, au Madison Square de New York, Benoît Saint-Denis a foudroyé l'Américain Matt Frevola pour son sixième combat UFC, la plus prestigieuse Ligue d'arts martiaux mixtes (MMA). En une minute et 31 secondes de combat, "BSD" a brisé son adversaire avec une pluie de coups. Après un passage au sol, il lui a asséné un coup de pied à la tête pour le mettre à terre et enchaîner aux poings avant que l'arbitre ne l'arrête. Le tout sous les regards médusés de Donald Trump et Dana White, le surpuissant patron de l'Ultimate Fighting Championship.
Une victoire par K.-O. au 1er round qui permet au Nîmois de 27 ans d'intégrer le Top 15 des poids légers, la catégorie la plus relevée de l'UFC, quatre ans seulement après ses premiers pas dans le milieu. Et qui laisse présager un grand avenir à celui qui portait encore l'uniforme de soldat en 2019. Une première vie "d'aventure, de fraternité et d'engagement", débutée en 2014 avec pour seul bagage un bac S, qui a forgé l'homme et l'athlète d'aujourd'hui. Engagé dans les Forces spéciales au sein du 1er Régiment de parachutistes d'infanterie de la Marine (RPIMa), ce fils de militaire est déployé, à tout juste 19 ans, au Sahel, où il combat des groupes terroristes avec la force Sabre. De ce passage dans l'armée, il en tire "une expérience pleine d'humilité".
Et par Saint Michel … 🪂 Bonne fêtes à tous 🇫🇷 pic.twitter.com/NSGqrnHTNE — Benoît « God of War » Saint Denis (@BenoitSt_Denis) September 29, 2023
"Ça m'a apporté en maturité, ça m'a permis de m'endurcir mentalement, d'être capable de me fixer des objectifs, d'être discipliné. Je suis entré dans l'armée, j'étais un garçon et quand je suis ressorti, j'étais un homme", assure-t-il à l'AFP. "J'ai vécu des moments vraiment incroyables, ça a été une réelle aventure." Une "aventure" dont l'ancien opérateur SAS garde une trace indélébile sur le torse : une croix des Templiers. Un symbole, érigé en émanation de sa foie chrétienne, qu'il s'est fait tatouer après avoir assuré, avec son groupe, la sécurité de François Hollande lors d'une visite d'État au Mali en 2017.
Une "aventure" de cinq ans sous les drapeaux qu'il stoppe, en ne renouvelant pas le contrat qui lie à l'armée. "La devise de mon régiment militaire, c'était : 'Qui ose gagne.' (...) Je me suis dit qu'il ne fallait pas que je regrette, et qu'il fallait tenter l'aventure", explique-t-il à Ouest-France. "Tombé amoureux", entre-temps, du jiu-jitsu brésilien, sport qu'il a découvert avec Christophe Savoca, qui devient un de ses coachs, il se lance un défi un peu dingue : percer dans le MMA et devenir combattant professionnel. "Chaque homme, je pense, arrive à un moment où il se pose des questions, où il veut devenir aussi son propre patron, vivre sa propre aventure", justifie "BSD". Une démarche dans laquelle sa femme, Laura, elle-même ancienne sportive de haut niveau, le soutient. "Il sait ce qu'il veut. Il n'est pas capricieux mais déterminé. Le haut niveau, il a ça en lui", garantit-elle.
En passionné qu'il est, il dédie sa vie à la discipline. Il démarre la compétition en amateur, se perfectionne en boxe pieds-poings et se fait repérer par Daniel Woirin, qui l'invite à intégrer son team, après une détection organisée à Saint-Denis. "C'était un novice. Il était totalement cru. J'ai vu des capacités impressionnantes en lui", se souvient dans les colonnes du quotidien régional l'entraîneur français, qui a coaché Dan Henderson, Lyoto Machida et, bien sûr, la légende brésilienne Anderson Silva. Une rencontre qui le convint de poursuivre ses efforts. Il se donne alors deux ans, soit le temps de dilapider ses économies, pour intégrer l'UFC. Avec son manager Guillaume Peltier, Benoît Saint-Denis affûte ses armes. Et, plus encore, il se fait un nom.
Il sent des choses qu'on ne sent pas
Daniel Woirin, entraîneur de grands champions MMA
Après deux ans de "chômage", il réalise son rêve : signer pour la principale organisation mondiale de MMA. "Un exploit en termes de temps", souligne le patriote, Jeanne d'Arc tatouée dans le dos. "C'est quelque chose dont on est fier avec mon équipe, parce qu'on a travaillé en prenant des risques mais aussi avec intelligence, panache et discipline." Trois qualificatifs qui le définissent aussi lorsqu'il entre dans la cage, au son du chant des commandos, une r...
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