McKinsey, plus grand cabinet de conseil au monde, se sert de son influence dans les préparatifs de la COP28 pour défendre les intérêts de ses clients pétrogaziers, sapant les efforts pour sortir des énergies fossiles, selon plusieurs sources et document consultés par l’AFP.
En coulisses, l’américain McKinsey & Company a fourni aux organisateurs émiratis de la 28e conférence sur le climat des Nations unies des scénarios sur l’avenir du secteur énergétique mondial qui sont en contradiction avec les objectifs climatiques que le cabinet affiche publiquement, révèle l’enquête de l’AFP. Un « récit de la transition énergétique », rédigé par le cabinet, prévoit une réduction de la consommation de pétrole de seulement 50 % d’ici 2050 et évoque des milliers de milliards de dollars d’investissements continus chaque année dans des « actifs à fortes émissions » d’ici là.
McKinsey, dont les grands clients des hydrocarbures vont de l’américain ExxonMobil à la compagnie nationale saoudienne Aramco, est l’un des nombreux cabinets qui conseillent gratuitement les Émirats arabes unis, puissance pétrogazière hôte des cruciales négociations de près de 200 pays à la COP28, qui débuteront le 30 novembre à Dubaï. Celles-ci seront présidées par Sultan Al Jaber, également patron de la compagnie pétrogazière émiratie Adnoc.
Pendant ce temps, McKinsey « appelle ouvertement et sans vergogne à abaisser les ambitions sur l’élimination du pétrole au sein même de la présidence de la COP28 », a déclaré une source ayant assisté à des réunions confidentielles avec les hôtes du sommet.
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