Suppression de l'aide médicale d'État : 3500 médecins promettent de "désobéir"

LCI - 12/11
[VIDÉO] - Le Sénat a adopté un amendement supprimant l'aide médicale d'État, destinée à couvrir les frais de santé des étrangers en France. En cas d'application de la mesure, quelque 3500 médecins promettent de "désobéir". "Moi, médecin, déclare que je continuerai à soigner gratuitement les patients sans papiers selon leurs besoins", écrivent ces professionnels de santé.

Le Sénat a adopté un amendement supprimant l'aide médicale d'État, destinée à couvrir les frais de santé des étrangers en France.
En cas d'application de la mesure, quelque 3500 médecins promettent de "désobéir".
"Moi, médecin, déclare que je continuerai à soigner gratuitement les patients sans papiers selon leurs besoins", écrivent ces professionnels de santé.

Et si l'aide médicale d'État (AME) aux sans-papiers était supprimée ? Cette aide, qui couvre à 100% les frais de santé des étrangers présents sur le sol français depuis au moins trois mois, est critiquée par une partie de la classe politique. Ses détracteurs l'accusent de générer un "appel d'air" pour l'immigration clandestine et de coûter "trop cher", actuellement 1,2 milliard d'euros annuels pour 400.000 bénéficiaires (3000 euros par an par bénéficiaire). Dans un amendement lors de l'examen du projet de loi sur l'immigration, le Sénat a voté sa suppression pour la transformer en "aide médicale d'urgence".

Le gouvernement, qui n'est pas à l'origine de cet amendement, ne s'y est pas opposé. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a toutefois indiqué qu'il ne "souhaitait pas" que le texte reste en l'état. Qu'importe, pour 3500 médecins salariés et libéraux, qui préviennent : ils continueront de soigner des sans-papiers en cas de suppression de l'AME. "Moi, médecin, déclare que je continuerai à soigner gratuitement les patients sans papiers selon leurs besoins, conformément au Serment d'Hippocrate que j'ai prononcé", indique cette "déclaration de désobéissance" signée par 3500 professionnels de la santé et transmise à l'AFP.

La déontologie prescrit le juste soin pour chaque personne qui me consulte

Texte signé par 3500 professionnels de santé

Ce texte a été initié par deux psychiatres chefs de service dans les hôpitaux Henri Mondor de Créteil et le CHI de Créteil, les Pr Antoine Pelissolo et Jean-Marc Baleyte. "Je resterai indifférent à leurs conditions sociales ou financières, ainsi qu'à leur langue et leur nationalité", promettent les signataires. "La déontologie prescrit le juste soin pour chaque personne qui me consulte. La sagesse dénonce la faute éthique et en passant l'erreur épidémiologique", poursuivent-ils. Avant de conclure : "patients d'ici et d'ailleurs, ma porte vous est ouverte. Et le restera".

"Beaucoup de médecins libéraux ont signé, généralistes ou spécialistes. S'ils reçoivent un patient non couvert, ils ne seront pas payés. C'est une prise de position très forte", explique le Pr Pelissolo. "Dans les hôpitaux, c'est bien une désobéissance. Je peux ne pas déclarer une consultation. Dans le cas d'une hospitalisation, ce sera aux frais de l'hôpital. C'est ma décision même si c'est contre les règles habituelles de l'hôpital."

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Parmi les autres signataires figurent l'urgentiste Patrick Pelloux, Julie Chastang, vice-présidente du Collège de médecine générale et le nephro-pédiatre Rémi Salomon. Quelque 3000 soignants - incluant des médecins, mais aussi des professions paramédicales - avaient déjà signé la semaine dernière une tribune dans le Monde, appelant à préserver ce dispositif "de santé publique".

I.N

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