Les Nations unies ne cachent pas leur préoccupation après sept mois de guerre au Soudan. Alors qu'une récente intensification des combats est observée entre l'armée et les paramilitaires, les violences dans le pays frôlent aujourd'hui "le mal absolu", a alerté en cette fin de semaine une responsable de l'ONU. Elle pointe notamment du doigt des attaques au Darfour qui se basent sur l'appartenance ethnique.
"Nous n'arrêtons pas de dire que la situation est horrible et sinistre. Mais franchement, nous sommes à court de mots pour décrire les horreurs qui se produisent au Soudan", a confié coordinatrice humanitaire de l'ONU dans le pays, Clémentine Nkweta-Salami, à l'occasion d'une conférence de presse. "Nous continuons de recevoir des informations incessantes et effroyables concernant des violences sexuelles ou basées sur le genre, des disparitions forcées, des détentions arbitraires et de graves violations des droits humains et des droits des enfants".
À l'heure actuelle au Soudan, "ce qui se passe frôle le mal absolu", a jugé la représentante des Nations unies. Au cours de son intervention, elle a notamment le sort d'enfants "pris dans les tirs croisés" ou de petites filles violées devant leur mère. Clémentine Nkweta-Salami s'est aussi fait l'écho d'informations "troublantes sur l'escalade de la violence et des attaques contre les civils, y compris des violences qui semblent être basées sur l'appartenance ethnique, au Darfour".
La communauté internationale redoute désormais une répétition du génocide du début des années 2000 dans cette région de l'ouest du Soudan. "Il y a vingt ans, le monde était choqué par les terribles atrocités et violations des droits humains au Darfour. Nous craignons qu'une dynamique similaire ne se développe", a réagi le Haut Commissaire de l'ONU pour les réfugiés (HCR), Filippo Grandi, via un communiqué. Il a ajouté que "la fin immédiate des combats et le respect inconditionnel de la population civile par toutes les parties sont essentiels pour éviter une nouvelle catastrophe", a-t-il ajouté.
Ces derniers jours, "plus de 800 personnes auraient été tuées par des groupes armés à Ardamata, au Darfour-Ouest, une zone jusqu'ici moins touchée par le conflit", a alerté le HCR. Cette ville d'Ardamata abritait par ailleurs un camp de déplacés où pas moins de 100 abris ont été rasés. Dans le temps, une multitude de pillages – notamment des articles de secours de l'organisation – sont rapportés.
Le HCR fait savoir qu'il est particulièrement préoccupé par les informations faisant état de violences sexuelles, de torture, d'assassinats arbitraires, de civils extorqués et de groupes ethniques ciblés. L'organisation s'attend, dans ce contexte, à un nouvel afflux de réfugiés au Tchad.
La guerre qui sévit au Soudan, déclenchée le 15 avril, oppose le chef de l'armée (le général Abdel Fattah al-Burhane) et les Forces de soutien rapide (FSR, paramilitaires) du général Mohamed Hamdane Dagloa. Elle a jusqu'à présent causé la mort de plus de 9000 personnes, une estimation partagée par des ONG, mais très probablement sous-évaluée. Le conflit a dans le même temps détruit d'innombrables et causé le déplacement de plus de 4,8 millions de personnes à l'intérieur du Soudan. Auquel s'ajoute celui d'1,2 million d'individus vers les pays voisins, selon le HCR.
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