VIDÉO - Inondations dans les Hauts-de-France : pourquoi l'eau ne s'évacue pas plus vite ?

LCI - 11/11
[VIDÉO] - En moyenne, ce sont plus de 230 litres de pluie par mètre carré qui sont tombés depuis trois semaines. C'est un record historique pour la région des Hauts-de-France. Les effets de ces précipitations hors norme ont été aggravés par une conjonction de facteurs, que résume ici TF1.

En moyenne, ce sont plus de 230 litres de pluie par mètre carré qui sont tombés depuis trois semaines.
C'est un record historique pour la région des Hauts-de-France.
Les effets de ces précipitations hors norme ont été aggravés par une conjonction de facteurs, que résume ici TF1.

Dans le Pas-de-Calais, les intenses précipitations des derniers jours ont gonflé l'Aa, la Liane et la Canche, trois rivières maintenues en vigilance rouge aux crues par Vigicrues. Si les décrues "se sont amorcées sur les secteurs amont et se propagent vers les secteurs aval", souligne l'organisme de surveillance dans son bulletin ce samedi, près de 250 communes sont toujours inondées. Pourquoi une si lente décrue ?

Un immense marécage, voilà à quoi ressemble, cette semaine, une grande partie des plaines du Pas-de-Calais, comme on peut le voir dans les images aériennes du reportage de TF1 en tête de cet article. Depuis le début de l'année 2023, il est tombé plus de 820 millimètres d'eau. Soit 25% de plus qu'en 2022, à la même époque. 

Les nappes phréatiques déjà saturées

Le relief est également un frein aux ruissellements des eaux. La crête de l'Artois qui traverse le département, culmine à 214 mètres à peine. Ce sont des pentes faibles, et les écoulements sont très lents. Et si l'eau stagne, c'est aussi parce que le terrain n'est pas poreux. "Les sols argileux, qui sont présents notamment dans le Pas-de-Calais, n'ont pas une capacité très importante pour absorber l'eau", nous explique l'hydrogéologue Marjorie Bertrand, et au-dessous, les nappes phréatiques sont déjà remplies et ne peuvent plus "jouer ce rôle de réservoir des eaux de pluie".

Un écoulement très lent vers la mer

Les cours d'eau du département ont la particularité de n'avoir que très peu d'affluents. Il n'y a donc aucun bras de délestage donc pour absorber les crues. "Le niveau de la mer étant plus élevé que l'eau douce, donc l'eau de ruissellement n'arrive pas à s'écouler au niveau de la mer", conclut la spécialiste.

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La main de l'homme participe aussi au dérèglement. La disparition des haies et l'artificialisation des sols aggravent encore les effets de saturation des sols. Pour preuve, l'effondrement, dans l'après-midi de ce vendredi 10 novembre, d'un pont de la promenade des remparts à Montreuil-sur-Mer.

Ballotté depuis mardi entre les pluies torrentielles et le va-et-vient des inondations, qui ont engendré des milliers de sinistrés, le Pas-de-Calais devrait enfin connaître samedi sa première journée sans pluie, mais les crues persistantes invitent toujours à la prudence. 

La rédaction de TF1info | Vidéo : Henri Dreyfus, Amandine Creff

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