ENTRETIEN. « On a le crédit immobilier le moins cher d’Europe », rappelle la Banque de France

Ouest France - 10/11
Denis Beau, est le premier sous-gouverneur de la Banque de France. De passage en Bretagne, il livre son analyse sur la situation économique du pays : crédit immobilier, taux d’usure, défaillance des entreprises… Un ralentissement de l’activité est bien observé.

Si un ralentissement de l’activité est bien observé par l’institution, Denis Beau, premier sous-gouverneur se dit « confiant » sur l’avenir économique mais « prudent ». La politique monétaire semble porter ses fruits pour faire refluer l’inflation. Mais de nombreux autres indicateurs : embauches, défaillances des entreprises, production de crédits immobiliers… sont en train de grimper. Le sous-gouverneur explique comment l’économie tricolore se comporte dans une période de faible croissance.

La Banque de France observe un ralentissement de l’activité dans tous les secteurs. Comment l’expliquez-vous ?

Par les chocs liés aux goulots de production après le covid, puis ceux liés à la guerre en Ukraine, qui ont contribué à ralentir la croissance. Ces chocs ont aussi poussé à la hausse de l’inflation. Notre scénario central est une sortie de l’inflation sans récession. On est dans une période de faible croissance mais elle reste positive. Au quatrième trimestre, la croissance sera entre 0,1 et 0,2 %. Nous prévoyons 0,9 % pour cette année, de même pour 2024 et 1,3 % pour 2025.

Quels sont les secteurs qui tirent encore cette croissance ?

Pour le mois d’octobre, l’ensemble des secteurs a une croissance modérée. D’après notre note de conjoncture qui s’appuie sur les retours de 8 500 chefs d’entreprise, la croissance devrait être surtout tirée par les services. Elle devrait être stable pour l’industrie, et le bâtiment dans son ensemble, à très court terme.

Un ralentissement de l’emploi est aussi observé. Comment l’expliquez-vous ?

Par le ralentissement de l’activité. Le marché de l’emploi avait été très soutenu jusqu’à présent. Les embauches ralentissent. Les difficultés de recrutement se réduisent mais demeurent significatives. 40 % d’entre eux vivent encore ces difficultés. L’activité étant moins dynamique, les besoins de main-d’œuvre se réduisent. Les intérimaires sont, par exemple, moins sollicités. Globalement, il y a un ralentissement à court terme de l’activité auquel on s’attendait. Les perspectives à moyen terme ne sont pas très dégradées. Au contraire, nous sommes sur des perspectives de reprise progressive.

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