Critique de Blackouts de Justin Torres – un monde onirique queer-gothique

Beejay Silcox - TheGuardian - 09/11
Une histoire marginalisée est récupérée à partir de dossiers médicaux réels dans ce roman étrange et glorieux

Si vous enfermiez Shirley Jackson et David Wojnarowicz ensemble dans une pièce, ils pourraient inventer le genre de monde onirique en ruine que Justin Torres évoque dans son nouveau roman, Blackouts : une version queer‑gothique de l’Hôtel California.

Mes notes de révision regorgent de ces expériences de pensée pop-culturelles : imaginez Schéhérazade tirant ses histoires du rapport Kinsey ; Kiss of the Spider Woman reconstitué dans un hôpital psychiatrique ; l'Ancien Testament réécrit par Tennessee Williams. Blackouts est à la fois un conte et le produit d’un héritage queer. C'est un livre qui honore ses fantômes.

Le spectre le plus insistant dans le roman de Torres est Jan Gay, alias Helen Reitman (1902-1960), la sociologue queer pionnière (« spécimen et expert à la fois »). Dans les années 1920 et 1930, Gay a mené des centaines d’entretiens dans l’espoir de démystifier et de normaliser le désir queer. Mais pour publier son ouvrage, elle avait beso...
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